POUR ASSURER LE DÉVELOPPEMENT PÉRENNE ET HARMONIEUX DE LA RÉGION

L’entrepreneuriat, nouvelle stratégie régionale

Publié dans l'édition Nord N. 8350 par

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La Gazette. Vous venez d’être porté à la présidence déléguée de la stratégie régionale de l’entrepreneuriat. Pourquoi s’intéresser aujourd’hui à cette problématique ?

Laurent Degroote. Depuis dix ans, beaucoup a été fait pour développer dans la région la création d’entreprise, avec des résultats qui sont très positifs. Le programme régional création transmission d’entreprise a porté ses fruits avec l’an dernier 26 540 créations enregistrées, auto-entrepreneurs compris pour environ la moitié (56,7%). Néanmoins, si on s’attarde sur la densité entrepreneuriale (ratio création rapporté au nombre d’habitants), le Nord-Pas-de- Calais est avant-dernière région française. Il est impératif d’investir dans l’endogène et de sensibiliser bien davantage les Nordistes à l’entrepreneuriat. La répartition de la population sensibilisée est très inégale sur le territoire régional, de 1,2% dans le Montreuillois à 9,2% dans le Dunkerquois, hors la Métropole où le taux est 54,1%. Ces pourcentages sont très faibles. Trop de personnes considèrent ne pas être concernées, même pour se mettre à leur propre compte. Audelà des causes historiques, l’explication est fondamentalement culturelle. La culture de l’entrepreneuriat, selon la définition socle qu’en donne la Commission européenne, c’est-à-dire l’aptitude d’un individu à passer des idées aux actes, est source de développement économique, social et sociétal considérable, en ce sens que c’est la personne qui va piloter son projet. La région doit passer d’une logique de salariat subi à une logique de prise d’autonomie, d’initiative et de responsabilité. L’enjeu entrepreneurial est un enjeu culturel. On parle d’entreprendre tout au long de la vie.

En dix ans de PRCTE, peut-on dire que la région est devenue entrepreneuriale ?

La région devient de plus en plus entrepreneuriale, mais il y a encore beaucoup à faire. Il y a certes de plus en plus de créateurs d’entreprise, mais tous les entrepreneurs ne sont pas créateurs d’entreprise. Les associations, l’économie sociale et solidaire, les activités à but non lucratif en sont aussi des illustrations, tout comme les intrapreneurs qui, comme salariés, ont un comportement entrepreneurial au sein de leur entreprise. La question est bien de généraliser ce nouveau comportement pour que le développement de la région soit pérenne, car assis sur une multitude de comportements entrepreneuriaux à l’image des bancs de poissons qui assurent la pérennité de l’espèce.

 Quelles sont les préconisations de votre rapport ?

Le rapport que m’a commandé la commission permanente du SRDE propose six axes de préconisations, à commencer par repenser les communications sur l’entrepreneuriat en développant par exemple les messages d’exemplarité. En matière de formation, qui est un axe majeur du rapport, est notamment affichée la volonté de faire de l’académie de Lille une académie pilote pour la promotion de l’entrepreneuriat, au même titre que doit être assurée une continuité pédagogique qui doit se traduire à tous les stades de la formation pour entreprendre tout au long de la vie.

 Avez-vous défini des publics prioritaires ?

Si toute la population est concernée par la thématique entrepreneuriale, certains publics sont prioritaires pour des questions d’urgence ou d’opportunité. Ce sont d’abord les scolaires au travers de l’ambition “académie pilote” et les étudiants via notamment le PRES et le pôle entrepreneuriat étudiant, mais aussi les demandeurs d’emploi, les femmes, les seniors. Ces publics nécessitent une approche spécifique, au même titre que chaque territoire en région doit pouvoir bénéficier de la dynamique régionale et de plan d’actions territorialisées. Comment a été reçu ce rapport ?

 Chacun est conscient qu’il faut développer la culture de l’entrepreneuriat au plus grand nombre. Il ne faut plus que seule une élite ait le droit l’entreprendre, il faut l’ouvrir à tous. Six groupes de travail vont réfléchir d’ici décembre à la coconstruction et à la rédaction d’une stratégie régionale de l’entrepreneuriat puissante, ambitieuse et novatrice pour aboutir à l’installation d’une organisation régionale de type plate-forme de l’entrepreneuriat. Le signe politique fort de cette nouvelle ambition régionale sera la tenue des états généraux de l’entrepreneuriat, prévue dans le courant du premier trimestre 2012.

 Quelle ambition donnez-vous à cette stratégie régionale de l’entrepreneuriat ?

 Faire du Nord-Pas-de-Calais une des cinq premières régions entrepreneuriales d’Europe pour lui assurer un développement pérenne et harmonieux.