ROUBAIX. PROJET URBAIN DES 3-CENSES

Saint Roch Habitat réhabilite une friche des 3 Suisses

Publié dans l'édition Nord N. 8352 par

Un ancien entrepôt des 3 Suisses, près de l’Edhec-Roubaix, devient le projet des 3-Censes livrable en septembre : studios d’étudiants, maisons de ville et commerces de proximité, ce chantier a été délégué d’Eiffage à Saint Roch, spécialisé dans la réhabilitation et le loft. Un type de sous-traitance qui va s’intensifier.

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Un chantier HQE démarré en septembre dernier.

Un chantier HQE démarré en septembre dernier.

Voilà un chantier triplement intéressant, par la délégation de maîtrise d’ouvrage assez rare, le traitement HQE et BBC d’un ensemble imposant et la dynamisation d’un quartier de Roubaix proche du parc Barbieux. Saint Roch habitat et Jean-Charles Huet architecte se sont emparés d’une vaste réhabilitation à l’angle des rues Gustave-Delory et Edouard-Vaillant, face à une station-essence précieuse, car Roubaix intra muros en compte très peu, le tout à l’ombre de l’Edhec-Roubaix.

 Du neuf avec de l’ancien. Saint Roch habitat va monter en puissance. Il signe ici sa troisième opération après deux chantiers semblables (anciennes usines transformées en logements et commerces) à Roncq et Armentières, intensifiant une dynamique créée en 2005 par trois amoureux des vieilles pierres, Jean-Pierre Blanchard, George-Pierre Afonso et Nicolas Staës. Cette société affiche clairement ce qu’elle entend faire : préserver le cachet architectural et la fonctionnalité d’anciens bâtiments industriels et mener la modernisation intérieure via les normes environnementales les plus récentes. Le chantier des 3-Censes n’est donc pas une démolition maisune déconstruction puisque les matériaux sont recyclés. Saint Roch a souhaité aussi intégrer des normes de construction plus sévères et être en avance sur les normes environnementales 2012. La proximité de l’Edhec justifiait la création de logements pour étudiants, assortis de commerces de proximité qui, de toute façon, manquaient dans ce quartier appelé à se développer.

Conserver l’architecture. Les partenaires de Saint Roch ont en commun ces motivations : Jean-Charles Huet architecte, cabinet roubaisien expérimenté, et la ville de Roubaix qui, depuis la volonté de vendre les 3 Suisses, a piloté l’opération eu égard à la nécessité de faire revivre le quartier et de préserver ce patrimoine architectural. Même la station Total contiguë (distribution de carburant et lavage) se pliera aux normes environnementales.

 Eiffage a racheté les trois entrepôts avec obligation d’en conserver deux, typiques de l’architecture industrielle roubaisienne du début de XIXe siècle. On entrait là dans une opération de réhabilitation qui n’est pas de la compétence de ce groupe qui a dû soustraiter cette partie à un maître d’ouvrage expert, c’est-à-dire Saint Roch, malgré deux autres concurrents. Eiffage reste cependant présent sur le chantier pour construire 200 appartements et 143 logements pour étudiants d’ici l’été. Ce type de collaboration va s’intensifier au rythme grandissant des programmes de réhabilitation de friches industrielles dont il faut conserver l’architecture. Saint Roch a donc de belles perspectives devant lui.

Vitrine d’un savoir-faire. Le tout bénéficiera de normes écologiques pointues, avec l’exigence d’une double certif ication Cerqual “Habitat patrimoine et environnement” et “BBC-Effinergie rénovation”. Ces normes concernent aujourd’hui les constructions, l’environnement et les riverains, puis le chantier via la dimension de chantier propre qui doit notamment intégrer le recyclage des matériaux du lieu et des déchets de chantier (entre autres…). L’objectif primordial de Saint Roch est de faire de ce chantier une vitrine de son savoir-faire. La certification Cerqual est la seule en France accordée aux réhabilitations d’immeubles et résidences collectifs de plus de dix ans. Les 3-Censes sont le seul projet de notre région à être certifié HPE (Habitat, patrimoine et environnement), soit le seul qui allie une démarche environnementale pointue sur un bâtiment historique industriel dont le bâti est conservé.

Sur un plan purement technique, l’architecte Jean- Charles Huet s’attache à préserver l’épaisseur des murs de brique d’origine conservant la chaleur des locaux, à traiter pour la préserver la structure métallique d’origine et garder aux pilastres leur courbure si caractéristique. La norme Cerqual impose aussi des dispositions draconiennes en matière de construction et de confort d’usage. Saint Roch est même allé au-delà des normes a minima, selon le BE (HQE) Solener. L’ensemble des critères développement durable dans le bâtiment est respecté : peintures HQE, isolation sonore, planchers en bois, plomberie, ventilation, le tout via des matériaux ad hoc. Le chantier lui-même est dans la tonalité, il utilise des matériaux “propres” comme du pin des Vosges ou des Landes. Les habitants qui arriveront sur les lieux à partir de septembre 2011, le chantier s’achevant début 2012, seront formés à la façon de vivre dans ces logements et maisons écologiques. Enfin, 21 maisons seront en basse consommation. Il y aura l’eau chaude par panneaux solaires, une ventilation double flux, des toitures végétalisées, le chauffage collectif au gaz à condensation.