VIANDE BIO ET RESTAURATION COLLECTIVE

Cévinor prête à se lancerdans le plan régional

Publié dans l'édition Nord N. 8354 par

Pour Yves Carpentier, le directeur de la
coopérative agricole basée dans l’Avesnois,
l’offre de viande bovine bio va augmenter. Mais,
pour qu’elle ne se limite pas à des opérations
ponctuelles, les restaurations collectives doivent
faire augmenter la demande.

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Yves Carpentier, directeur de la coopérative agricole Cévinor, dont le siège est à Haut-Lieu près d’Avesnes-sur- Helpe, reconnaît que la filière viande bio, de boeuf notamment, n’est pas très développée dans la région. “Pour l’instant, c’est une niche, aux alentours de 1% du marché. Les prix sont bons. En ce qui nous concerne, c’est un client de la Sarthe qui, depuis une dizaine d’années, achète les vaches bio de nos éleveurs adhérents.” Il précise que sur 1 105 éleveurs adhérents à la coopérative, 25 seulement peuvent fournir de la viande bio. Mais il constate que les choses bougent. “Notre région était à la traîne mais la part devrait atteindre assez vite entre 2 et 3% et c’est parce que l’offre augmente que nous avons répondu à l’appel du Conseil régional. En Une quinzaine d’acteurs des différentes filières, dont nous pour la viande, ont signé la charte liée au plan de développement de l’agriculture biologique à destination de la restauration collective. Nous, Cévinor, voulons accompagner cette démarche en restant dans la logique régionale. De la viande bio qui vient de l’autre bout de la planète, ce n’est pas très bon côté bilan carbone.”

 Offre et demande à mettre en corrélation. Pour Yves Carpentier, deux facteurs vont faire augmenter l’offre. D’abord, la demande de lait bio est en augmentation et les vaches, rappellet- il, une fois qu’elles ont fini leur période de lactation, sont orientées vers la filière viande. Ensuite, des éleveurs sont en cours de conversion au bio, une opération qui peut prendre jusqu’à deux ou trois ans au maximum. “Le nombre des éleveurs en bio va ainsi doubler” assure-t-il.

 En ce qui concerne Cévinor, il précise que la filière tournée vers la restauration collective existe déjà depuis deux ans, mais pour de la viande régionale non biologique, du boeuf et du porc. Le groupe dispose d’une filiale sur le site d’abattage de Valenciennes – AgriViandes –, de l’agrément label Rouge, et fait de la transformation en gros et au détail ainsi que du négoce. “Nos ventes régionales de viande transformée vont à 95% vers les boucheries. Le reste, c’est pour la restauration collective”, c’est-à-dire écoles privées, communes, maisons de retraite, hôpitaux, lycée agricole du Quesnoy, entreprises, administrations, instituts spécialisés…

Des opérations ponctuelles en attendant. Tout le problème est donc d’introduire la viande bio dans ce circuit. Il précise que pour l’instant, à l’exception de quelques boucheries, l’essentiel de la viande bovine bio produite dans la région va vers la restauration collective.

 Yves Carpentier explique qu’en attendant que le volume de viande bio demandée progresse, il a déjà prévu des opérations ponctuelles pour l’année scolaire prochaine. “Quinze établissements du Nord- Pas-de-Calais ont été déjà réunis grâce à l’action de l’association ‘A pro bio’ qui travaille au développement des produits bio dans la région. Ce sont des lycées et collèges surtout, livrés soit en direct, soit par la société de restauration Api (voir encadré). La dernière opération régionale de promotion, le ‘Printemps Bio’, durant la première quinzaine de juin a bien marché, c’est pour cela que j’ai fait la proposition au Conseil régional et à l’association d’organiser cinq opérations d’une quinzaine de jours à des moments bien définis. Nous espérons qu’il y aura un effet boule de neige et que l’on doublera le nombre d’établissements intéressés.”

L’idéal serait, commente-t-il, qu’une offre permanente puisse se mettre en place. Mais, pour cela, il faut que beaucoup plus de restaurations col lectives se manifestent, notamment auprès d’A pro bio.