ENTREPRISE ALBERT LE CHIEN À MASNIÈRES DANS LE CAMBRÉSIS

Chiens, chats, écologie et e-commerce

Publié dans l'édition Nord N. 8362 par

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Sur le mur, le portrait du fondateur a quelque chose d’inhabituel : c’est un chien. “C’est Albert, explique Martial Gardez, 48 ans, le gérant. Il a donné l’idée et son nom. C’était un croisé beauceron abandonné à la SPA de Compiègne. Je l’ai adopté à Noël 1999. Il avait alors de sérieux problèmes de peau et des troubles digestifs… Je me suis mis à la recherche, en France et en Europe de produits sains et équilibrés. Tout est venu de là.”

Un autre chien, Hubert, un croisé beauceron bien vivant, fait office de “responsable de la sécurité”, ajoute-t-il, dans un grand sourire.

Ancien chimiste dans l’industrie lourde, il a opéré une complète reconversion en compagnie de son épouse, Véronique Piclin, qui avait, elle, travaillé comme responsable des achats dans la métallurgie. Lui est gérant et elle, salariée, s’occupe du commercial.

Naissance dans l’Oise. Cette petite entreprise en nom propre est née, en juillet 2003, non loin de Compiègne. Elle s’appelle donc Albert le Chien mais propose aussi en vente à distance, via Internet, des produits pour les chats. Véronique Piclin explique qu’il y a aujourd’hui deux sites pour que tout soit clair pour les clients. Les articles et produits vendus, dont des compléments alimentaires, sont très divers. Elle insiste sur les critères imposés aux fournisseurs : “Ils doivent être élaborés dans le respect des animaux, biologiques ou naturels et provenir d’entreprises ayant comme nous adopté une démarche écologique globale.”

A 60%, l’entreprise se fournit aux Pays-Bas. Le reste vient d’Allemagne, d’Italie, de France aussi… “On s’efforce d’être moins chers que les produits de synthèse, en traitant directement avec nos fournisseurs, sans intermédiaires donc”, précise-t-elle. L’entreprise est devenue distributrice officielle de certains de ses fournisseurs. L’originalité de leur activité, qui associe les chiens, les chats, le bio et le naturel et le e-commerce, a été saluée par un Mercure d’or national en 2008. Elle était même la seule lauréate dans la catégorie e-commerce.

Arrivée dans le Cambrésis. En novembre dernier, la petite entreprise s’est installée à Masnières, au sud de Cambrai. “Dans l’Oise, c’était devenu trop petit. Ici, dans cette ancienne grande ferme, on a réuni notre lieu de travail et notre habitation familiale. On s’est rapproché de nos fournisseurs du nord de l’Europe et l’autoroute est proche”, explique Véronique Piclin. Tout changer d’un coup n’est pas sans risque mais le couple ne regrette pas. Ils disent tous deux avoir apprécié l’accueil de Cambrésis développement économique, des élus et des Nordistes en général. La proximité des autoroutes et les mesures liées à la restructuration de la zone de défense ont bien sûr joué. Début mai, des travaux de remise aux normes de l’exporcherie et de l’ex-étable étaient en cours. C’est là que sont stockés et préparés les articles. Dans l’Oise, ils avaient une boutique “classique” mais maintenant, parce qu’ils ne sont qu’à deux, ils ont fait le choix du commerce en ligne lancé en 2007. Le couple sous-traite beaucoup d’activités selon le cas : l’informatique, l’infographie, le marketing…

Développer les professionnels. Les clients sont pour l’instant à 90% des particuliers, dont un noyau de f idèles, tous livrés à distance. Leur projet est de développer l’activité, à partir de septembre, vers les professionnels (salons de toilettage, vétérinaires, magasins bio…). “On espère, précise Véronique Piclin, arriver à 50/50, dans les deux ans, et on devrait embaucher deux personnes dans le même temps.”