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Chrono café : le café expressaux airs de printemps

Publié dans l'édition Nord N. 8354 par

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Le concept est simple. Je fais de la vente directe le matin à la sortie du métro Eurotéléport et sur la place de la Médiathèque l’après-midi. Je propose en boissons chaudes : café, thé, chocolat et en boissons fraiches : eau plate, gazeuse, sodas, jus de fruits pour 1 euro, explique René Holuigue. Je propose également des viennoiseries. Je me fournis à la boulangerie du Trichon qui a de suite répondu favorablement à mon projet. Ainsi, j’ai deux fournées pour mes clients : une pour le café du matin et une pour le goûter de l’après-midi”. Mais derrière ce succès quasi immédiat, il y a l’histoire qui conduit jusqu’au triporteur. La genèse Parce-que nous sommes la somme de nos expériences, René le sait bien : même si son projet ne date pas d’hier, il lui aura fallu le temps pour le porter à maturité. “Il y a quelques années, j’ai eu l’idée de livrer des pizzas hallal avec mon scooter mais un jour on m’a proposé un contrat dans l’animation. J’ai rangé mon idée au garage mais sans pour autant l’oublier”, poursuit-il.

Dix ans dans l’animation, René enchaine les contrats et les expériences. La première, et non des moindres, une sensibilisation aux développements durables. Dans le cadre de ses missions d’animateur il monte différents projets “verts”. Son idée de livraison en scooter se transforme en livraison en … triporteur ! D’autres missions d’animations marqueront René comme les services aux adultes, aux personnes âgées… “ C’est là que j’ai compris qu’il y avait un aspect relationnel à développer. Je voulais créer quelque chose où les gens viennent discuter, échanger … Suite à un reportage à la télé, mon épouse me lance ‘tu n’as qu’as faire comme le triporteur de Darry Cowl !’ Chrono Café était né”.

 Les démarches

 Un an auparavant, notre entrepreneur dans l’âme ne sait pas encore quand, ne sait pas encore comment mais sait que c’est décidé et commence à saisir les opportunités avec ses modestes économies : il trouve ainsi un triporteur pratiquement neuf sur internet ou encore saisi une promotion pour sa machine expresso… mais créer une entreprise ne se limite pas à l’acquisition de matériel : “J’ai trouvé sur internet le site de l’APCE, l’agence pour la création d’entreprises. Il pose un cadre que j’ai suivi étape par étape tout en continuant de travailler. Grâce aux outils proposés, je suis parti de l’idée à comment monter le projet” précise t-il. René poursuit ses recherches, va sur des forums, découvre l’ACCRE et de toutes ses subtilités, va au pôle emploi… Bref, il sait que son projet est arrivé à maturité et qu’il a besoin d’une aide supplémentaire. Pour donner toute les chances à son projet, il franchi la porte de sa BGE : “ils m’ont aidé dans mes démarches. Ils m’ont posé un cadre de choses à faire. J’avais besoin de quelqu’un en face de moi qui soit en mesure de me dire ‘non ce n’est pas bon’. Le fait d’avoir été accompagné par une boutique de gestion a été un gage de qualité du projet. Par exemple, avec mon conseiller j’ai fait mon seuil de rentabilité” confie t-il.

 Enfin, René Holuigue se fait immatriculer, fait sa demande d’Accre, et sa demande d’occupation de l’espace public : un rêve avait pris forme. Aujourd’hui, 50 à 80 personnes s’arrêtent chaque jour au Chrono Café pour devenir pour certains un point de rendez-vous à la sortie du métro.