FLORACOS

Créateur de signature olfactive pourl’hôtellerie de charme et de luxe

Publié dans l'édition Nord N. 8362 par

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Un atelier soigneusement rangé. Des échantillons de parfum dans des éprouvettes ainsi que des assortiments de packaging noirs, sobres, de grande classe. C’est l’univers de Thomas Loridan qui, en quelques phrases, dévoile ses grandes passions : l’esthétique, les senteurs, le goût du beau, la légèreté conjuguée à des valeurs morales et professionnelles. Son métier s’y calque. Cet ingénieur de formation Icam adore l’Italie où il a fait ses armes. Il débute, à la sortie de ses études et dans le cadre de la coopération de service militaire, auprès du groupe L’Oréal à Turin. Il s’occupe de la logistique industrielle. Revenu en France, il prend en charge la logistique internationale au sein de la division des produits de luxe et lance la gamme de maquillage Armani, les parfums Guy Laroche… Dès que l’organisation est mise en place et que tout fonctionne, l’ennui se fait sentir : “Regarder l’horloge, ce n’est pas mon tempérament”. Le groupe LVMH le courtise. Il rejoint l’usine de Vervins où il prend en charge l’unité de production des parfums Givenchy, Kenzo. “J’y ai rencontré une personne que je considère comme mon père spirituel : Jacques Menthéour. Ce dirigeant m’a révélé ma fibre d’entrepreneur et m’a surtout soutenu et conseillé. Il est un véritable ami. Il est encore à mes côtés aujourd’hui. En fait, j’ai toujours eu envie de créer ma propre entreprise et les années passées, de 1997 à 2002, dans les plus fameux groupes de la cosmétique m’ont permis de peaufiner un projet que je portais en moi.”

L’apprentissage du rôle de dirigeant. Lucide, Thomas Loridan comprend que son challenge de création ne doit pas s’improviser. “J’ai eu conscience d’avoir vécu dans le cocon doré de grands groupes. Je souhaitais être confronté à la réalité des PME. Pour cette raison, j’ai quitté LVMH pour m’engager dans une PME de la métropole lilloise. Il estplus difficile de gérer une équipe de 60 personnes que de travailler en qualité de cadre dans un grand groupe qui dispose de moyens et de ressources. J’ai dû manager une équipe et endosser de multiples casquettes. Cette expérience a été salutaire. Je suis resté cinq années dans l’entreprise. Ça m’a permis de comprendre le fonctionnement d’une PME.” Le temps de bâtir un projet de création d’entreprise qui aurait pu être réduit à néant car, au moment de la création de Floracos, le groupe LVMH propose un poste de directeur d’usine : une aubaine, un choix de vie, une opportunité et un chemin tout tracé. Trop tracé sans doute, car cet entrepreneur dans l’âme refuse cette proposition alléchante pour poursuivre son projet de création. “Ça n’a pas été facile mais j’ai été soutenu par mon épouse. Elle a compris que si je ne tentais pas mon rêve, j’aurais dû supporter le poids du regret.” La décision est prise, l’entreprise est créée en 2008. Thomas Loridan a bâti son plan. Il est accompagné du groupe IRD Nord création qui prend des parts dans le capital de la société.

Des senteurs déclinées sous diverses formes. Thomas Loridan a pu constater l’importance des produits cosmétiques dans l’univers des palaces, des grands hôtels indépendants, des chambres d’hôtes. “J’ai remarqué que dans les grands hôtels, les berlingots de savon sont tous de qualité médiocre. Les produits sont agressifs pour la peau, les senteurs assez vulgaires. Curieusement, alors que dans les pays nordiques, on utilise des distributeurs de savon, en France c’est peu répandu alors que la démarche s’inscrit dans le développement durable et fait même partie des critères d’attribution des étoiles…” Alors, Floracos se lance dans la création de savons bio, distribués exclusivement dans les hôtels de haut de gamme. L’objet de la société reste un marché de niche. L’entreprise travaille avec un nez de Grasse qui compose des parfums exclusifs et subtils. Du savon au parfum d’ambiance, il n’y a qu’un léger temps de… respiration. Floracos étend rapidement sa gamme aux bougies, cent pour cent bio. “J’ai écarté les molécules de synthèse. Au début, le utilisateurs ne perçoivent pas les parfums car leur nez est saturé de ces odeurs qui étaient en vogue ces dernières années. Puis, leur sens olfactif se rééduque. Ils recommencent à percevoir les subtilités des senteurs de mes produits et ne peuvent plus s’en passer. Bizarrement, ils ne supportent plus les produits vendus un peu partout car ça leur donne mal à la tête.” La gamme s’élargit aujourd’hui et s’étend également aux céramiques imprégnées de parfum que l’on glisse dans des cartes de visite, aux diffuseurs électriques… Floracos a créé sa gamme “Parfums d’ici”. Les produits sont vendus dans les palaces, grands hôtels indépendants et dans les relaischâteaux ou chambres d’hôtes de haut niveau. Les clients peuvent choisir une senteur qui leur correspond, une signature olfactive. Les visiteurs repartent avec le souvenir d’une odeur, leur petite madeleine de Proust. Un souvenir subtil qui les marque et les enchante.

Une certaine intimité. Floracos crée des produits innovants et garde toujours une longueur d’avance sur ses concurrents, les grands groupes concurrents qui la suivent au fur et à mesure. Ceci impose à Thomas Loridan une remise en question constante et ça lui plaît. Sa toute petite entreprise brave les ténors de la cosmétique. Sa force ? L’authenticité, la réactivité, le goût du travail bien fait qui s’apparente à l’artisanat d’art, les contacts directs avec le client et les échanges enrichissants avec les producteurs. “Je me sens faire partie d’une petite famille qui a ses codes et ses valeurs. Nous nous apprécions.” L’entreprise envisage un développement à l’international. Elle diffuse également certains produits par la vente à domicile. Son vendeur exclusif – H2O – a été choisi pour la qualité de ses prestations et son respect de l’environnement. Ce groupe est aujourd’hui devenu un réel partenaire, impliqué dans le capital social de Floracos. L’entreprise avance sûrement, selon une stratégie maîtrisée.