MUSE, MODULAIRE À OSSATURE BOIS DU GROUPE BÉNETEAU, ARRIVE DANS LE NORD

Les premières “maisons” duRaquet vont faire parler d’elles…

Publié dans l'édition Nord N. 8354 par

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L’un des bailleurs sociaux présents sur le chantier du Raquet1 n’en est pas revenu, apercevant les premiers modulaires assemblés en bordure de l’immense aire en devenir, entre Douai et Sin-le-Noble. “Cela doit s’appeler Muse ou quelque chose comme ça, et je suis incapable de dire si ce type de construction peut durer dans le temps et à quoi ça peut résister…” dit l’un de ses cadres sur le ton de la confidence. C’est donc une réaction de méfiance, à tout le moins d’étonnement, qui accueille ces curieux cubes venus d’ailleurs.

 Une solution industrielle adaptée. Mais la CA du Douaisis, elle, n’a pas tergiversé vu l’urgence : l’Etat a commandé ce programme en mars via la SNI, la CA du Douaisis a du foncier dédié à la construction développement durable, l’affaire fut conclue à peine un mois après l’inauguration du Raquet. On ne peut faire plus vite ! La livraison de ces 15 premiers appartements de 8 x 3 m, pesant 11 tonnes, quatre T3, 9 T4, deux T5, est d’ailleurs prévue pour le 13, la veille du 14 juillet. Les familles de militaires mutés à Douai pour la création du 4e régiment de transmissions pourront emménager dans ce nouveau quartier. Restera à… faire des rues. La prochaine tranche de dix logements, chaque logement étant en fait un “pavé”, selon Béneteau habitat, est prévue au printemps prochain.

 Un produit séduisant… D’où vient cette Muse que d’aucuns trouvent d’ores et déjà peu charmante, mais qui risque d’en surprendre plus d’un, en tout cas de séduire les donneurs d’ordre, les investisseurs et les aménageurs (donc pratiquement tout le marché du collectif social ou non). En 2008, la SNI, émanation de la Caisse des dépôts et consignations, lance un appel d’offres et provoque la création d’une SAS BH (Béneteau habitat) pour produire un nouveau type d’habitation modulaire pour les collectivités, bailleurs et promoteurs, uniquement. Se crée une usine de 9 000 m2 à La Chaize-Vicomte (85) avec 50 salariés et un rythme de production de 300 “pavés”/an, montés totalement équipés, prêts à poser, rythme qui doit aller vers le millier fin 2011 (qui est de 600 actuellement). L’architecte François Pélegrin parvient à un produit (appelé Muse) industriellement et écologiquement séduisant même si les puristes ergotent, et surtout d’un coût défrisant : de 900 à 1 200€ HT du T2 au T5 soit un “pavé” à 64000 € HT environ. La rapidité du chantier (cf. encadré) est un atout déterminant aussi pour certains donneurs d’ordre.

La région, coeur de cible. Une stratégie de développement ambitieuse car nationale, et décentralisée. Les premières maisons ont été livrées en Vendée, dans le Maine-et- Loire et en Gironde. Mais, fort d’une longue tradition de construction nautique qui lui vaut une réputation internationale, et dont il s’inspire techniquement pour ce programme Muse, Béneteau a les dents longues. Il veut se développer partout en installant carrément de nouveaux centres de production. Le Nord-Pas-de- Calais, vu ses besoins et ses programmes de construction notamment dans le social, figure en tête de liste, soyonsen certains… D’autant que la Caisse des dépôts a créé tout spécialement pour ce programme la Samo, filiale pour les logements sociaux, chargée du développement. Le CA visé est de 300 M€ en 2012, un label CQFD (Coût, qualité, fiabilité, délais) a été accordé par le ministère du Logement et de la Ville. Béneteau habitat songe aussi dès maintenant à sa diversification en projetant le programme de résidences collectives “Eve” répondant surtout aux besoins des étudiants et des campus. Ce nouvel opérateur, mandaté par l’Etat, s’installe donc dans le Nord-Pas-de-Calais avec la volonté de répondre à l’ensemble de ses besoins en logement.