ENTRETIEN AVEC lAURENT dEGROOTE, vice-président de la CCi Grand Lille et président de CCI Entreprendre Nord – Pas-de-Calais

“Le salon est devenu une référence”

Publié dans l'édition Nord N. 8376 par

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

Quel bilan dressez-vous de Créer 2011 ?

Loin de me focaliser sur le nombre de visiteurs, il m’apparaît que les exposants, au dire de ceux que j’ai pu rencontrer, ont enregistré davantage de contacts et d’entretiens que l’an dernier et donc que le salon est devenu plus qualitatif. C’est assurément un salon qui est devenu une référence, qui est connu, où l’on vient. Il a gagné en professionnalisme et chaque année il s’améliore en termes de communication dans toute la région, ne serait-ce que par la mise à disposition de pass TER à 1 euro. Centré sur les quatre étapes de la vie d’une entreprise, et non sur les métiers, il répond aux attentes des porteurs de projets, créateurs d’entreprise, dirigeants et repreneurs.

Quelle part y ont pris les CCI ?

Le rôle des CCI est d’accueillir et d’orienter tous les entrepreneurs, mais aussi de les accompagner. Plusieurs exemples en témoignent. Ainsi en est-il avec la sortie de la quatrième édition du guide “Création et Reprise d’entreprises en Nord – Pasde- Calais qui est en quelque sorte le premier portail d’accueil des porteurs de projets. Par leur présence dans les stands, dans l’animation des ateliers, les CCI ont fait passer le message qu’elles étaient des lieux d’accueil pour le plus grand nombre, à toutes les étapes de la vie de leurs entreprises, même si elles n’avaient pas forcément vocation à les accompagner. La contribution apportée par le Centre de Formalités des Entreprises est à cet égard essentielle.

Quel bilan tirez-vous des actions menées en faveur des porteurs de projet ?

Au niveau régional, on a comptabilisé l’an dernier 26 000 créations d’entreprises, dont 16 000 au titre de l’auto-entrepreneuriat… Nous ne pouvons que nous en satisfaire, mais force est de constater que trop peu de jeunes et de femmes encore se lancent dans l’aventure de l’entreprise. Nous avons encore de gros efforts à faire dans leur direction, notamment dans l’enseignement technique et dans l’enseignement supérieur. L’autre domaine sur lequel il nous faut travailler est celui de la reprise d’entreprise. C’est un domaine qui n’est pas suffisamment exploité, où la communication est insuff isante et mal ciblée. La moitié des cessions d’entreprise est liée au départ en retraite de son dirigeant. Le nombre de ceux qui sont à 5 – 10 ans de leur départ est élevé, mais beaucoup évacuent le problème et n’anticipent pas une possible cession. Il y a là un gros travail à accomplir. Pour des raisons variées, le nombre d’activités cédées dans la région est en baisse, 2 000 actuellement contre 3 000 il y a deux ans. Il est important de mieux accompagner le poste cession pour aider cédants et repreneurs à réussir, les premiers dans leur optimisation patrimoniale, les secondsdans le passage de relais.

L’esprit d’entreprendre progresse-t-il dans la région ?

Les 30 heures pour créer, le concours Créa’Sup pour les apprentis entrepreneurs sont autant d’actions fortes de sensibilisation qui rendent lisible l’accueil de ceux qui sont susceptibles d’entreprendre. A cet égard, l’académie de Lille est académie pilote dans la sensibilisation des jeunes à l’esprit d’entreprendre. De nombreuses actions vont se décliner cette année sous l’impulsion du rectorat.” “Dans le domaine de l’accompagnement des PME, les CCI travaillent à la détection accrue de PME qui, en passant le cap de l’entreprise de taille intermédiaire, vont devenir les entreprises emblématiques de la région. Elles vont proposer un accompagnement spécifique aux dirigeants de ces futures ETI en complément du plan 2 000 PME. C’est dans ce panel que se trouvent les futur Lesaffre, Bonduelle…

Vous êtes en charge de l’élaboration du SRIE pour le compte du SRDE. Où en êtes-vous ?

Toutes les actions des Chambres de Commerce et d’Industrie s’inscrivent dans le cadre du schéma sectoriel de la création transmission d’entreprises qu’elles développent par secteur d’activité et ce schéma lui-même s’inscrit en phase avec la politique régionale définie par le SRDE. Les acteurs du SRDE se sont approprié le rapport ‘’Développer l’Entrepreneuriat en Région Nord – Pas-de-Calais’’ qui m’avait été confié. La stratégie régionale de l’initiative et de l’entrepreneuriat est en cours d’élaboration. Six groupes de travail vont en décliner les objectifs et le plan d’actions. On a du pain sur la planche. La finalité est de faire du Nord – Pas-de-Calais une des cinq premières régions entrepreneuriales d’Europe, pas seulement en matière économique, mais dans tous les domaines.