Pôle d’excellence rurale accord é à Fourmies/Trélon

“Rendre ce mode de consommationaccessible au plus grand nombre”

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8373 par

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Le bio change de dimension, seraiton tenté de dire… En effet, si le sujet a longtemps été l’apanage de petites boutiques, désormais des surfaces plus importantes commencent à pointer le bout du nez dans différentes régions de France. A Béthune, Un autre chemin fonctionne depuis quelques mois et cette enseigne indépendante est venue en quelque sorte combler une attente. “Mes parents ont créé le même type d’enseigne à Coudekerque- Branche, il y a quelques années. J’ai voulu opérer un copier-coller d’un concept rodé qui marche bien. Il fallait juste trouver le lieu idéal pour s’implanter. Après avoir mené une étude de marché, j’ai choisi Béthune, au coeur d’une zone de chalandise de 200 000 habitants où il n’existait pas encore de structure telle que Un autre chemin. Le magasin attire des gens du Béthunois, du Bruaysis mais aussi des personnes habitant à La Bassée et ses alentours”, souligne Matthieu Beaumont, tombé dans le bio depuis tout petit.

Après trois années passées à Barcelone, l’intéressé et sa petite famille voulaient revenir dans leur région d’origine et mener à bien leur projet de supermarché bio. “L’idée trotte dans mon esprit depuis trois ans déjà. La naissance de ma fille a précipité les choses. Disons que la phase active a été lancée à partir de l’été 2010.”

Des soutiens et un local. Au cours de son parcours, Matthieu Beaumont s’est rapproché de la CCI et il a également reçu le soutien de la plate-forme Artois initiative, qui lui a accordé un prêt d’honneur.

La première étape a consisté à trouver des locaux. “J’avais des contraintes, le magasin devant se situer près d’un axe passant et disposer d’une surface d’au moins 300 m². On m’a proposé un bâtiment, occupé auparavant par une papeterie, sur le centre commercial La Rotonde. Je n’ai pas hésité longtemps avant de saisir l’opportunité. En février, j’ai récupéré les clés et j’ai effectué quelques travaux, avec notamment l’aménagement d’une chambre froide.” La proximité de l’enseigne Auchan n’a pas effrayé plus que ça le jeune créateur. “Je ne les perçois pas comme des concurrents. Certes, ils vendent des articles bio, mais nous restons des spécialistes en la matière. Je réalise un gros travail de recherche et de veille pour accentuer la diversité du magasin.”

Les trois coups de Un autre chemin, qui emploie trois personnes, ont été donnés au printemps dernier et l’enseigne a, dès le départ, adhéré à la coopérative Biomonde. “Cette centrale d’achat fédère plus de 150 magasins en France. Nous sommes les premiers membres issus du Pasde- Calais. Cette structure nous aide à nous développer, en proposant des prix attractifs”, précise Matthieu Beaumont.

Des consom’acteurs… Ce dernier est un adepte du bio pour tous et il sait que cela passe forcément par des tarifs compétitifs. Outre le rapprochement avec Biomonde, le fait de grouper les commandes avec le supermarché de Coudekerque-Branche permet de réaliser de bonnes affaires : “commander des volumes plus importants permet de faire baisser sensiblement les coûts”, explique-t-il. Ayant la fibre environnementale, ce dernier favorise également les circuits courts : il collabore, autant que faire se peut, avec des producteurs locaux. Un certain nombre de fruits, légumes mais aussi le pain sont issus du cru.

Sensible également à la notion de codéveloppement et de commerce équitable, Matthieu Beaumont a signé une convention avec Artisans du monde. Il commercialise des denrées de l’hémisphère Sud, par le biais d’un système permettant de rémunérer leurs producteurs à leur juste valeur.

Les rayons d’Un autre chemin sont garnis de 6 000 références pour 300 marques. Outre de l’alimentaire, on peut y dénicher un peu de textile mais aussi un vaste rayon puériculture et un autre consacré aux compléments nutritifs. Un naturopathe vient d’ailleurs régulièrement conseiller les acheteurs.

En quelques semaines, l’enseigne a déjà trouvé sa clientèle et le maître des lieux se montre satisfait du démarrage. Partisans de la première heure, personnes en quête d’une alternative alimentaire, consommateurs occasionnels, nouvellement convertis, les motivations qui incitent à franchir les portes restent nombreuses. Dans tous les cas, Matthieu Beaumont observe que la relation humaine et les partages d’expérience tiennent une place prépondérante dans son quotidien. “Ici plus qu’ailleurs, on sent que les gens sont consom’acteurs !” constate Matthieu Beaumont.