Jean-François Boudaillez, adjoint à la culture de la ville de Roubaix, commente ces 10 ans

Publié dans l'édition Nord N. 8386 par

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Une forte réticence au projet. Il faut rappeler comment est né ce musée. Son installation dans l’ancienne piscine a été votée à l’unanimité sous André Diligent. Mais les travaux ont commencé sous un nouveau mandat, et il a fallu se bagarrer pour faire voter le budget. A l’époque, beaucoup d’élus estimaient que cette décision était dangereuse et inutile pour une ville en pleine crise. C’est Bruno Gaudichon qui a su les convaincre en expliquant que ce musée pouvait être un “instrument à changer les esprits”, une nourriture de l’esprit pour les Roubaisiens.

Le jour de l’inauguration. C’était incroyable : un triomphe… On n’en est pas revenu ! Il y avait tellement de monde (16 000 personnes) ! C’était au-delà de ce qu’on pouvait espérer. La presse et les télés étaient là, même celle du Japon ! C’était un moment fort pour Roubaix.

Un nouveau symbole. Avant le musée, le symbole de la ville était l’usine Motte- Bossut avec ses deux tours. Aujourd’hui, c’est La Piscine. C’est devenu un élément de prestige pour la ville… et pour la région. Il n’y a plus une seule plaquette touristique régionale qui ne reprenne pas les photos du musée. Avant, Roubaix était le boulet du Nord-Pas-de-Calais. Aujourd’hui, elle possède l’un des musées les plus connus en France et à l’étranger. Et ça continue à déranger…

Un vrai projet de ville. Le danger était que la ville ne se résume qu’à son musée. Or, depuis 10 ans, c’est aussi la ville ellemême qui a changé : la zone franche, les ravalements de façades, les aménagements de jardins publics, la réhabilitation des friches industrielles, l’arrivée du métro, etc. Roubaix été faite par des grands patrons liés au textile et à la distribution. Depuis 10 ans, ce sont de nouveaux patrons (ceux d’Ankama, d’OVH, par exemple) qui arrivent à Roubaix et qui lui donne un nouveau visage lié aux nouvelles technologies de l’information. Eux aussi transforment la ville en rénovant les bâtiments, en ouvrant des restaurants, en créant des emplois. Mais combien ne seraient pas venus s’il n’y avait pas eu le musée, et aujourd’hui un Grand Hôtel rénové et des restaurants ? L’interaction entre les deux phénomènes est très forte.