I-Care Europe optimise l’outil de production industriel

Détecter, prévoir et réparer lesdysfonctionnements de machines

Publié dans l'édition Nord N. 8392 par

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Pascal Locoge et ses deux actionnaires c o l l a b o r a t e u r s , Fabrice Brion et Arnaud Stiévenard, tous cadres ou ingénieurs ou juristes spécialisés en lean management, sont arrivés à la Ruche de Denain en août dernier pour créer un autre ICare Europe, cette fois dédié au marché français. Avant de créer son entreprise, Pascal Locoge a baroudé dans plusieurs sociétés, allemandes notamment. Une formation de très haut niveau acquise parfois dans la douleur, lui qui ne parlait que l’anglais…

Un démarrage à l’allemande ! Ce Valenciennois bon teint, son diplôme d’ingénieur en génie mécanique en poche, est tout de suite en contact avec l’Allemagne puisque ses tout premiers stages s’effectuent chez Nixdorf Computer. Il est ensuite élève d’une école d’ingénieurs à Osnabrück (ainsi qu’à Metz) où il se met définitivement au bon niveau dans la langue de Goethe. De cette période outre-rhin, il sort avec un diplôme d’Etat d’ingénieur en Maschinenbau FH (construction mécanique) et surtout des capacités professionnelles particulièrement solides. Très logiquement, c’est une grande société allemande, Prüftechnik AG, leader mondial de la fabrication d’appareils en alignement laser et de machines à mesures vibratoires, qui lui offre son premier poste puis lui demande de revenir dans son Valenciennois natal pour lancer et diriger la première filiale du groupe à Petite-Forêt en 1993. Soit 18 ans de collaboration jusqu’au moment où Pascal Locoche rencontre un client belge lors d’une formation. Celui-ci est responsable d’ICare Belgique et lui explique comment fonctionne le réseau européen I-Care EU, présent dans pratiquement tous les pays, y compris à l’Est. Les agences sont indépendantes mais se complètent et s’épaulent quand le marché, où qu’il soit, le demande : par exemple, récemment en France, pour des machines à pasta à traiter, où les conseils d’I-Care Italie ont été très précieux.

Un départ en douceur.C’est ce qui m’a encouragé : cette fédération d’agences et des débouchés importants comme par exemple le groupe américain Cargill basé en Hollande mais installé partout en Europe, et qui nous demande un package complet”, explique Pascal Locoche. Il apporte son soutien aux agences de Belgique et d’Italie dans son domaine d’expertise (les analyses d’huiles par exemple) mais se forme au fil du temps aux autres spécialités. Ce qui permet à I-Care France de proposer six sortes d’interventions dans les domaines des vibrations, de l’équilibrage sur site, de la thermographie, de l’alignement laser, des ultrasons et des analyses d’huiles. Fin 2008, il se décide à créer sa PME et en 2010 il négocie son départ du groupe allemand, trouve un remplaçant pour Petite-Forêt et fait de Prüftechnik AG son premier fournisseur : un beau tir groupé ! “Grâce à la rupture conventionnelle et l’appui de Pôle emploi, dit-il, tout s’est passé en douceur. Fin mars 2010, j’étais libre et je me suis dirigé vers la Ruche.”

Une proposition innovante. Pascal Locoche propose à l’industriel deux sortes de services : la détection et l’analyse de dysfonctionnements sur des machines très diverses, de toutes tailles et dans des secteurs industriels variés. Mais il peut aussi assurer une maintenance en continu, une sorte de veille, voire mettre sur pied avec l’industriel une stratégie liée au matériel avec force conseils. De la “maintenance prédictive” à la “maintenance proactive”, il n’y a pas qu’un simple jeu de mots de la part de cet ingénieur, mais deux attitudes différentes devant l’incident technique qui coûte cher à l’industriel. C’est une vraie stratégie de gestion d’un parc de machines. A cela va bientôt s’ajouter ce qui pourrait devenir le moteur du développement d’I-Care France, la “location” d’ingénieurs et techniciens I-Care qui resteront à demeure dans les entreprises pour intervenir, surveiller et conseiller en permanence. “Ce concept est très américain : 80% de leurs entreprises y ont déjà recours, explique Pascal Locoche. Ça va plaire aux grosses entreprises en Europe mais il faut que ça se traduise par des contrats. Je ne sais pas comment le marché français va réagir, seuls 27% ont déjà adopté cette solution. En attendant, on fait du classique, on se fait connaître par une newsletter. Et pour prospecter, on utilise Oxemail avec le logiciel Oxemis. On a déjà des contrats à Toulouse alors que notre zone de démarrage est plutôt au nord d’une ligne Alsace-Bretagne.”

I-Care France prévoit d’être à 5 personnes d’ici trois ans, 15 plus tard : tout dépendra des produits très innovants retenus par la clientèle. Il s’agit là de perspectives très minimalistes, par sécurité… Même prudence pour le CA : 180 000 € d’ici fin 2011, 550 000 € à fin 2013. Le capital de la société est de 20 000 €.