1er prix Nord-Picardie

“Remplacer les produits chimiques issusdu pétrole par des produits issus du végétal…”

Publié dans l'édition Nord N. 8390 par

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La Gazette. Quelle est votre réaction à ce premier prix ?

Antoine Vanlaer. C’est fantastique. Le Prix Deloitte est une très belle distinction. Avant tout, il s’agit de la reconnaissance d’un important travail. Mais c’est aussi le résultat d’un travail d’équipe. J’en profite pour remercier tous ceux qui nous ont aidés, spécialement Oséo qui nous a fait confiance. Leur soutien nous a permis de déposer et d’obtenir des brevets mondiaux.

Mexel Industries produit des émulsions. Qu’est-ce qu’une émulsion et à quoi sert-elle ?

Dans notre domaine, une émulsion est un mélange stable liquide d’eau contenant en suspension des gouttelettes de corps gras. Nos émulsions sont produites à partir de substances organiques et/ou végétales. L’intérêt des émulsions est qu’elles permettent d’utiliser moins de matières actives pour un effet identique voire supérieur à un produit pur. Nous avons des applications dans le domaine du traitement des circuits d’eau (centrales électriques, navires, etc.), dans les auxiliaires de combustion afin de les homogénéiser et les stabiliser pour une meilleure combustion et ainsi obtenir une réduction des pollutions (protocole Ademe, Utac, etc.) et dans les BTP comme agents de démoulage et de protection.

Comment s’est développée votre activité ces cinq dernières années ?

Notre chiffre d’affaires a progressé assez rapidement. Mexel Industries créée en 2006, a aujourd’hui un chiffre d’affaires de 4 millions d’euros.

Que représentent vos investissements en R&D ?

Nous investissons entre 15 et 20% de notre chiffre d’affaires en R&D. Mexel Industries est dotée d’un laboratoire moderne et dispose de capacités de production spécifiques. En collaboration avec des organismes de recherche, Mexel Industries accueille des étudiants en soutenance de thèses.

Quel a été votre parcours personnel avant cette création ?

Avant de créer Mexel Industries j’étais commercial dans l’industrie chimique puis dirigeant d’une société de fabrication de produits chimiques.

Quelles sont les contraintes sur votre marché ?

Ce sont les contraintes réglementaires. Mais c’est aussi une force. La difficulté est que nous mettons des produits dans le milieu naturel. Il faut donc justifier d’une parfaite connaissance des effets de nos produits dans l’environnement.

Si vous deviez retenir les étapes décisives de Mexel Industries depuis sa création…

J’ai créé Mexel Industries en 2006. Le point de départ a été l’idée de traiter la surface des circuits de refroidissement et non la masse d’eau circulante par des produits organiques d’origines végétales mis en émulsion. Ensuite pour garantir une meilleure reproductibilité de nos émulsions nous avons mis au point un procédé de fabrication en continu.

Vous insistez beaucoup sur l’aspect écologique de vos produits.

L’humanité est face à un challenge : il y a de moins en moins de pétrole. Or aujourd’hui la chimie se nourrit principalement de la filière pétrolière. Nous avons donc une fantastique opportunité, celle de remplacer les molécules d’origine pétrolière par des molécules d’origine végétale ou issues des biotechnologies. Et c’est uniquement dans cet axe que nous travaillons sous le filtre de données écotoxicologiques.