Envolez-vous avec Directfly, nouvelle compagnie spécialiste des vols d’affaires

Publié dans l'édition Nord N. 8484 par

Basée sur le tarmac de l’aéroport de Lesquin depuis août dernier, la compagnie Directfly propose des voyages d’affaires. Une aubaine pour les chefs d’entreprise et les cadres pressés qui bénéficient d’un service unique au sein de la métropole lilloise. A bord d’un Beech 90 à bi-turbopropulseurs, les clients s’envolent sans complication vers des destinations mal desservies en France et en pays limitrophes. A raison de 1 200 euros l’heure de vol et de huit places disponibles au total, la nouvelle compagnie offre un véritable confort avec, en prime, un tarif défiant souvent celui des compagnies dites low cost.

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D.R.

Jérémy Couvreur, directeur et pilote de la compagnie Directfly spécialisée dans les vols d’affaires.

Il aura fallu deux ans d’attente et de patience af in que la société Directfly s’exporte en France, qui plus est en région Nord-Pas-de-Calais, véritable carrefour européen à fort potentiel économique. Directfly a déjà fait son galop d’essai hors de l’Hexagone : elle dispose par ailleurs de quatre avions répartis en Europe dont un en Lituanie, un en Pologne et deux en Angleterre. Auparavant, ce service existait déjà à Lille par le biais de la société Aéro taxi services (ATS) qui comprenait parmi ses actionnaires la famille Mulliez. Jéremy Couvreur, ancien fondateur et président d’ATS, explique les raisons qui ont obligé la société à se retirer du marché en 2009 : “Nous possédions trois avions. Est venu le moment d’effectuer des changements dans la motorisation. Mais la société qui disposait des pièces détachées a déposé le bilan. Etant donné qu’il n’y avait pas de repreneur, nous avons alors été contraints de clouer nos avions au sol.” Aussi, le Diamond Aircraft, disposant uniquement de quatre places, ne suffisait plus à répondre à une demande croissante. C’est pourquoi le jeune entrepreneur est aujourd’hui l’initiateur de Directfly. Epaulé par son associé Jean-Marc Prévost, il dirige une équipe volontaire pour continuer sur la piste d’AST et conserver une clientèle déjà acquise telle que des petites PME et certains particuliers aisés. Mais contrairement aux idées reçues, l’aviation d’affaires ne s’apparente pas toujours au luxe. Afin d’équilibrer l’offre et la demande, la nouvelle société loue un appareil comportant huit places. “Le nombre de place présente un avantage pour un chef d’entreprise accompagné de ses salariés pour la journée. Une société débourse alors à moindre coût. C’est plus rentable que de voyager avec une compagnie aérienne, même low cost, surtout à partir de trois personnes à bord”, atteste Jérémy Couvreur. Réaliser conjointement un gain d’argent et un gain de temps semble une solution idyllique pour la clientèle visée. “Par exemple, nous avons eu une personne qui devait se rendre à Genève. Parfois, il s’agit de destinations qui sont compliquées à rallier sauf en train. L’allerretour en une journée est impossible alors que Directfly facilite les déplacements, même dans l’urgence. Nous avons aussi des clients qui regroupent plusieurs rendezvous d’affaires en une seule journée à des endroits géographiquement très éloignés”, précise-t-il. Par ailleurs, les partenaires ont fait un choix stratégique puisque le propriétaire de l’avion n’est autre que Jean-Marc Prévost. “Nous ne cherchons pas à avoir notre flotte puisque le propriétaire de l’avion est l’un des actionnaires de la compagnie et fait partie de la société”, souligne Jérémy Vasseur. Il en découle aussi un bénéfice pour les clients puisque l’heure de vol est en moyenne à 1 200 euros au lieu de 1 600 à 2 000 euros pour des prestataires nationaux d’une même envergure.

Rapidité , flexibilité , réactivité. A une altitude de 8 000 mètres et une vitesse de croisière de 500 km/h,le Beech 90 détient toutes les caractéristiques permettant de voyager confortablement, hormis un intérieur soigné et bientôt redessiné. La rapidité, la flexibilité des horaires et la réactivité sont autant d’atouts qui nourrissent la qualité de ce mode de transport. Sans contrainte horaire, l’avion a la capacité d’obtenir une autorisation de décollage de l’aéroport de Lesquin en moins d’une heure, juste le temps que le plan de vol soit activé. Puis, le pilote hautement qualifié ne se positionne pas à la même altitude que les grandes lignes afin d’être libre dans les créneaux horaires. L’appareil peut être mis à disposition du client durant deux jours, seules les heures de vols sont comptabilisées. “Le temps d’attente n’engendre pas de surcoût, uniquement les frais de repas et d’hébergement pour le salarié”, ajoute Jérémy Couvreur, également pilote pour la compagnie. Passionné par l’aviation depuis son plus jeune âge et fort d’une dizaine d’années d’expérience en tant que pilote de ligne, il exprime son sentiment sur ce métier privilégié : “L’aviation d’affaires est une profession plus relationnelle et qui permet de voyager davantage. L’ambiance y est plus détendue et le pilotage d’un turbopropulseur pressurisé assure un confort maximal pour les clients. Enfin, si une personne ne se sent pas en confiance, je lui propose de s’installer à côté de moi et de suivre toute la progression du vol.” La tête dans les airs, le cockpit panoramique est un véritable grand écran sur le ciel et la terre.

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“Si une personne ne se sent pas en confiance, je lui propose de s’installer à côté de moi et de suivre toute la progression du vol.”

De futurs projets avec le CHR. Le marché évolue et devient désormais favorable aux turbopropulseurs qui peuvent atterrir sur de petites pistes, même si leur vitesse de croisière est légèrement inférieure à celle d’un jet. Ainsi, la compagnie a la ferme intention d’acquérir un deuxième appareil et de développer son service. A long terme, elle souhaite démocratiser l’utilisation de l’aviation d’affaires au plus grand nombre, tant pour les entreprises que pour les particuliers. De plus, l’initiative de Directfly ne se borne pas à proposer uniquement des vols d’affaires. D’autres dispositifs devraient voir le jour en f in d’année 2012. La compagnie envisage de coopérer avec la société qui loue ses services au CHR de Lille afin de se lancer dans le transport des organes et de proposer en plus des évacuations sanitaires avec la mise en place rapide d’une civière à l’intérieur de l’avion, déjà équipé de sièges modulables. L’avion est bien entendu homologué par l’aviation civile pour effectuer ce genre de prestations. Si les projets ambitieux de la compagnie aboutissent, Directfly devrait alors voir son chiffre d’affaires décoller et atteindre près de 600 000 euros à l’année. Cette somme représente actuellement le prix du Beech 90 avec un certain nombre d’heures de vol au compteur. C’est aussi un investissement pour l’achat d’un avion neuf du même type, affiché actuellement à 6 millions d’euros.