Les Jardins de Séricourt nourrissent de nouvelles ambitions

Un savoir-faire qui pourrait s’exporter

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8485 par

Affaire familiale nichée dans le Ternois, les Jardins de Séricourt sont devenus une référence nationale en matière de conception de jardins. L’entreprise a su diversifier son activité et a même développé un axe dédié au tourisme.

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Yves et Guillaume Gosse de Gorre constituent un binôme complémentaire.

Yves Gosse de Gor re a ét é contaminé par le virus de la c u l t u r e d e s arbres et plantes tout petit déjà… Puis cette passion a guidé ses pas d’étudiant et de professionnel, l’homme embrassant le métier d’architecte paysagiste. D’abord salarié, il a créé les Jardins de Séricourt en 1983. “La société qui m’employait a déposé le bilan. Ce licenciement s’est mué en opportunité pour lancer ma propre enseigne”, constate l’intéressé. D’abord une pépinière, l’entreprise n’a jamais cessé d’évoluer et l’essor s’est accentué avec l’arrivée de son fils au sein de l’entreprise. Guillaume Gosse de Gorre, qui partage le violon d’Ingres de son père, a rejoint les Jardins de Séricourt en 2007. Ce dernier a mis toutes les chances de son côté pour apporter un plus à l’entreprise familiale. Ainsi, suite à de brillantes études d’ingénieur spécialisé en agriculture, il a suivi une formation de deux années à l’Ecole du paysage de Versailles. Après avoir travaillé trois ans dans une autre société, il a regagné le giron des Jardins de Séricourt. En plus d’un amour commun pour l’aménagement d’espaces verts, père et fils brillent par leur créativité et possèdent des profils complémentaires. Si Yves Gosse bénéf icie de l’expérience, Guillaume a apporté sa vision du management et une approche marketing inédite.

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Le jardin, lieu d’évasion qui attire de nombreux visiteurs britanniques.

Dynamique nouvelle. Sous son impulsion, l’établissement, qui compte sept salariés, s’est structuré différemment, comme l’explique Guillaume Gosse de Gorre : “Nous avons regroupé les activités au sein d’une SARL. Puis nous avons décliné notre savoir-faire en trois pôles.
Le premier des trois piliers est la conception de jardins, un sujet sur lequel le duo peut exprimer toute sa compétence. Dans ce domaine, les Jardins de Séricourt touchent une clientèle haut de gamme et l’entreprise intervient sur tout le territoire français mais aussi à l’étranger, comme le confie Guillaume Gosse de Gorre : “Nous recherchons des relais de croissance. Ce qui fait que nous nous déplaçons partout en France. Nous allons aussi en Belgique et au Luxembourg et notre ambition est de travailler plus loin encore. Pour cela, nous collaborons avec la CCI, nous participons à des missions économiques. Le bureau d’études a vocation à se développer mais nous voulons demeurer proches du terrain et pas uniquement dessiner du croquis. Il existe aujourd’hui une marque de fabrique maison, nos qualités sont reconnues et nous disposons de solides références.
Le second axe se veut plus local et concerne l’entretien des jardins. Dans ce cadre, l’activité rayonne dans un rayon de 50 km à la ronde.

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Des espaces verts propices à l’évasion et à la rêverie.

Un jardin en guise d’argument touristique. Ouverts sur le monde extérieur, les Jardins de Séricourt sont aussi attachés à leurs racines. Basée dans le petit village de Séricourt (entre Saint- Pol-sur-Ternois et Frévent), la société se définit comme un acteur de développement local. Ainsi, la troisième partie de sa stratégie est orientée vers le tourisme. “Depuis des années, mon père passe son temps libre à aménager son propre jardin. Au fil du temps, il a grandi et il a attiré de plus en plus de visiteurs. Au départ, il s’agissait de clients de la pépinière mais, au fil du temps, les gens se déplaçaient de plus en plus loin pour découvrir ces espaces sortis de son imagination. En 2000, cette activité est devenue commerciale, un prix d’entrée ayant été fixé”, souligne Guillaume Gosse de Gorre. Cet attrait s’est renforcé depuis 2007 et les jardins accueillent chaque année pas moins de 6 000 visiteurs dont 50 à 60% viennent hors de France. Parmi eux, nombreux sont les Anglais, Belges et Hollandais. Ce jardin extraordinaire au départ se décomposait en deux parties, opposant guerre et paix. Cette thématique rappelait l’histoire de ce secteur géographique, marqué par des conflits, allant de la guerre de Cent Ans à la Seconde Guerre mondiale. Au fil du temps, ce sont 38 espaces, s’articulant autour du rêve, qui ont vu le jour. Ils s’étendent sur 4,5 hectares et réunissent des milliers d’essences, issues de multiples horizons. “Chaque espace a son ambiance et possède une esthétique qui lui est propre. Nous avons associé à ces espaces verts un programme culturel, on peut y écouter des concerts de jazz ou de musique classique, on peut y contempler des sculptures…”, conf ie Yves Gosse de Gor re. L’oeuvre d’Yves Gosse de Gorre a été distinguée par les professionnels. Tout d’abord en 2007, l’intéressé a écrit un ouvrage sur cette formidable aventure et ce livre a reçu le prix du coup de coeur du jury Redouté. Puis, il y a quelques semaines, la presse spécialisée dans le domaine du jardin et de l’horticulture a désigné le jardin séricourtois comme le plus beau de l’année. Ces distinctions, couplées à une hausse des moyens portant sur la communication, ont contribué au succès des Jardins de Séricourt. Ainsi, il n’est pas rare de voir débarquer dans le petit village ternésien des caméras de la BBC ou autre média… Le jardin fait figure de remarquable vitrine pour l’entreprise, notamment dans l’optique de conquérir des parts de marchés au niveau international.