Les Acteurs pour une économie solidaire fêtent leurs dix ans

Ce réseau d’entrepreneurs de l’ESS poursuit son développement

Publié dans l'édition Nord N. 8490 par

Le 14 septembre dernier fut une journée festive. L’Apes (Les Acteurs pour une économie solidaire) fêtait ses dix ans,

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Les dix ans de l’Apes à la gare Saint-Sauveur à Lille.

 

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Patrick Tilly, avocat lillois et conseiller régional délégué à l’ESS, Gérard Dechy, président de l’Apes, Dominique Hays, président de l’entreprise d’insertion Les Anges gardiens, Anthony Beharelle, président de Croc’ la vie.

L’ESS n’est pas un tiers secteur, ni une économie de la réparation. Elle représente 10% de l’emploi, selon les critères de l’Insee, et répond à quatre critères indissociables : l’activité doit avoir une utilité sociale, un ancrage territorial, une lucrativité limitée et une gouvernance démocratique”, explique Gérard Dechy, président de l’Apes qui poursuit : “L’ESS diffère en ce sens de la RSE – responsabilité sociale et environnementale – et de l’économie positive qui ne répondent jamais aux quatre critères en même temps.” Cette structure, existant dans d’autres régions françaises, couvre tout le Nord-Pas-de-Calais.
L’Apes est l’ancienne Assemblée permanente de l’économie solidaire ; le nom a juste changé il y a quelques années. La mission de l’Apes est d’accompagner les 138 adhérents (entrepreneurs mais aussi personnes physiques, réseaux, syndicats engagés dans l’ESS), comme témoigne Dominique Hays, qui dirige l’entreprise d’insertion Les Anges gardiens : “L’Apes évite la solitude de l’entrepreneur et permet de nouer des relations avec des collectivités.” L’Apes est également en charge de faire connaître l’ESS sur le territoire et de mener des actions de lobbying auprès des élus, institutions et décideurs. Basée à Lille, elle s’appuie sur le travail de 21 bénévoles et 8 salariés.

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Gérard Dechy : “La récente création d’un ministère délégué à l’ESS en 2012 confirme bien l’essor de ce pan de l’économie.”

Masters en ESS. Sur ces dix dernières années, un travail important a été mené pour mailler le territoire, développer la filière dans différents secteurs comme le logement, la culture… Des formations masters dans le domaine de l’ESS ont été créées dans différentes universités, notamment celle de Valenciennes. Gérard Dechy est ravi du contexte politique actuel qui semble donner raison à ceux qui portent la démarche de l’Apes depuis dix ans : “La récente création d’un ministère délégué à l’ESS en 2012 confirme bien l’essor de ce pan de l’économie et la prise de conscience que l’on peut développer autrement.
A terme, il envisage de renforcer les alliances avec la Cress (Chambre régionale de l’ESS), le RTES (Réseau des territoires pour l’économie solidaire), les syndicats de salariés, les élus en charge de l’ESS, les entreprises artisanales… “C’est nécessaire si l’on veut changer d’échelle. Mais pour l’instant, il n’y a pas de fusion en vue entre la Cress et l’Apes.” Par ailleurs, le président de l’Apes espère que l’Insee fera évoluer la définition de l’ESS : “Elle regroupe toute structure associative, coopérative, mutualiste, fondations. Cela va des petites entreprises aux banques mutualistes. Mais il y a beaucoup d’entreprises de l’ESS qui ont démarré avec un statut d’entreprises commerciales pour cause de nécessité et qui ne font néanmoins pas partie du recensement Insee.” Comme Croc’ la vie, entreprise lilloise adhérente de l’Apes, qui produit des repas bio pour crèches. “Au démarrage de l’activité, il y a trois ans, j’étais obligé de démarrer sous un statut d’entreprise commerciale. Cela aurait été trop compliqué de m’installer en coopérative par exemple. Aujourd’hui, je pense faire évoluer ma structure en SCIC, société coopérative d’intérêt collectif”, témoigne Anthony Béharelle, son président, présent aux dix ans de l’Apes.

Soutien du Conseil régional. Egalement, il y a la volonté de poursuivre le partenariat entre l’Apes et des laboratoires de recherches dans trois domaines : le logement, la finance et l’agriculture. Et Patrick Tilly, avocat lillois et conseiller régional délégué à l’ESS, confirme l’engagement de la Région de soutenir ce secteur économique : “Il existe un volet ESS au sein des plans locaux du développement économique. Les budgets (ndlr : 5,8 millions d’euros en 2011) n’ont certes pas augmenté de par un contexte économique difficile. Mais nous oeuvrons pour aider à l’émergence d’activités issues de l’ESS dans notre territoire, avec la volonté ensuite de pérenniser les emplois.