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Le territoire bénéficie de financements pour compenser les pertes de SeaFrance

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8493 par

La signature, le 12 octobre dernier à Calais, d’une « convention de soutien à l’attractivité » entre SNCF développement (filiale du transporteur public français) et l’agence de promotion économique Calais promotion veut donner un signal positif à ce territoire qui vient de récolter les plus mauvais chiffres du chômage de la dernière décennie. Entre naufrage maritime et industrie en berne, retour sur ce dispositif.

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CAPresse

"Lucette Vanlaecke, directrice régional de RFF"

La compagnie SeaFrance n’aura pas été évoquée pendant la conférence de presse qui a immortalisé la signature de la convention qui amène au Calaisis quelques millions d’euros. Suite à la liquidation judiciaire de la filiale de la SNCF, une autre est venue se substituer à la direction de SeaFrance pour discuter, sur un autre registre, d’un plan de revitalisation qui n’en aurait pas les caractéristiques réglementaires. C’est l’idée d’une « convention de soutien à l’attractivité » qui est mise en avant par la sénatrice-maire de Calais, Natacha Bouchart. Présidente de l’agence de promotion, elle avait signé, en avril dernier, avec Bernard Thiéry, directeur de mission à SNCF développement, Lucette Vanlaecke, directrice régionale de RFF, Philippe Blet, président de Cap Calaisis, et l’Etat, représenté par le sous-préfet,Alain Gérard. A la suite du second comité de pilotage du 12 octobre, les contractants ont fait un premier point. « Nous sommes engagés depuis quelques jours dans des aides à des entreprises qui créent 20 emplois« , affirme Bernard Thiéry. D’autres projets avec 70 autres emplois à la clé sont en cours de création. La SNCF, pilote du dispositif, a détaché une personne dans le Calaisis pour suivre les projets territoriaux. Son premier objectif est de créer 400 emplois dans les trois ans : création, développement, implantation d’entreprises sur l’ensemble du bassin d’emploi…

Emploi, transport et urbanisme. Seconde cible pour redynamiser le territoire, l’amélioration des transports. « Cette thématique regroupe les investissements majeurs indispensables à la modernisation des infrastructures de transports ferroviaires de biens et de voyageurs, l’intégration des projets économiques d’aménagement du territoire et l’incitation au report multimodal de transport de marchandises« , lit-on dans la convention. En clair, l’embranchement ferroviaire de la zone de la Turquerie sera soutenu, tout comme le versant ferroviaire du projet « Calais port 2015 ». Débordant du périmètre communautaire, l’intervention ira jusqu’à Frethun. « Il faut améliorer la gestion des flux à heures précises, ajouter des abris, chercher l’intermodalité, indique Lucette Vanlaecke. Mais il n’y a pas de chiffrage précis à cette heure. » RFF, l’Etat et la SNCF prévoient d’investir dans les travaux de rénovation de ses infrastructures et d’en créer d’autres à hauteur d’une trentaine de millions d’euros sans qu’on sache encore exactement différencier ce qui était déjà dans les tuyaux de ce qui a été ajouté sous la pression des élus de tous bords. Troisième cible du dispositif, le soutien aux projets d’aménagement urbain de la ville. Calais est engagée dans de nombreux chantiers de rénovation urbaine (place d’Armes, rénovation de l’église Notre-Dame, réhabilitation des quartiers anciens à Saint-Pierre…) et compte bâtir un palais des congrès de 3 500 places. Qu’il faudra bien financer…

D.R.

"Bernard Thiéry, directeur de mission de SNCF Développement".

Des moyens énormes pour Calais promotion. Dans cet ensemble complexe, une convention tripartite (SNCF, Etat, Calais promotion) a été signée à l’issue du comité de pilotage du 12 octobre. L’agence bénéficiera d’un « fonds de subvention » pour la création de 100 emplois, doté d’un budget de 500 000 euros à quoi il faut ajouter un second fonds dédié aux études pour une enveloppe de 250 000 euros. L’agence finance les projets créateurs d’emplois en subventionnant jusqu’à 7 500 euros par emploi créé. Les partenaires prévoient une enveloppe supplémentaire de 250 000 euros. Tout est possible selon le directeur de mission de SNCF développement : « on peut aider la poissonnière d’Ardres comme le projet de développement d’une PME. Tout ce qui crée de l’emploi est éligible« , explique Bernard Thiéry. Un comité d’engagement, alliant la filiale de la SNCF, l’Etat et l’agence de promotion, examinera les dossiers et versera les aides au fil des créations. Après le soutien d’Eurotunnel l’an dernier (500 000 euros), l’engagement fort des collectivités territoriales (plus d’un million d’euros) et consulaire (350 000 euros), l’agence de promotion économique dispose de moyens énormes pour remplir sa mission et n’a plus droit à l’erreur.

 

Les autres partenaires du dispositif

L’ensemble du dispositif s’appuiera sur de nombreux autres partenaires locaux pour mener le combat pour l’emploi : les associations d’insertion et les acteurs de la création et de la reprise d’entreprise. La CCI Côte d’Opale sera le relais entrepreneurial de l’opération. Autre acteur de poids, le Conseil régional, représenté par le député PS Yann Capet, fait partie de l’aventure. Mais « le rôle de la Région n’a rien à voir dans cette convention. Elle fait partie du comité de pilotage car il nous a semblé important de nous coordonner avec la Région, comme avec le conseil général du Pas-de-Calais ou encore la Dreal. J’ai parlé d’union sacrée pour le territoire« , a précisé Natacha Bouchart. Il y a six mois, la Région avait fait des avances à ce dispositif, promettant de créer un fonds en apportant 10 millions d’euros. Le bruit du « changement » a fini par parvenir aux oreilles de la sénatrice-maire UMP de Calais.