Recherche médicale

Lille au coeur du combat européen contre le diabète

Publié dans l'édition Nord N. 8488 par

Avec l’inauguration officielle du Ceti, c’est l’autre grand événement de la semaine, médical celui-là.

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Le Pr Philippe Froguel (université Lille 2 droit et santé – CNRS – Institut Pasteur de Lille) dirige l’ UMR 8199 “génomique et maladies métaboliques» du CNRS.

 

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Le Pr François Pattou (université Lille 2 droit et Santé – CHRU Lille – Inserm) dirige l’U 859 “biothérapie du diabète” de l’Inserm.

Les meilleurs spécialistes mondiaux du diabète et plus de 250 personnes sont attendus à Lille pour le 2e Symposium mondial sur le diabète, les 10 et 11 octobre prochains. Ce sera aussi l’occasion de saluer l’arrivée de trois nouvelles équipes internationales qui viennent renforcer l’Egid, le pôle d’excellence médicale à vocation européenne, voire mondiale.
L’Egid (European Genomic Institute for Diabetes) a quelques années d’avance sur le Ceti. C’est en 2009 qu’il a été créé. Les autorités régionales, avec l’université de Lille 2, le CNRS, l’Inserm et l’Institut Pasteur de Lille, ont su capitaliser sur la présence à Lille de personnalités, leaders dans le domaine du diabète, pour investir dans le développement de ce centre de recherche et d’innovation ambitieux.

Des leaders complémentaires dans le domaine du diabète et de l’obésité.Le premier de ces personnalités est un généticien diabétologue (Philippe Froguel), le second est un pharmacologiste moléculaire (Bart Staels) et le troisième est un chirurgien de l’obésité et de la transplantation opérant au CHRU de Lille (François Pattou). Ils sont tous reconnus internationalement pour l’excellence de leurs travaux en recherche fondamentale et clinique sur le diabète, l’obésité et les maladies métaboliques

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Le Pr Bart Staels(université Lille 2 droit et santé – Institut Pasteur de Lille – Inserm) dirige l’U 1011 “récepteurs nucléaires, maladies cardiovasculaires et athérosclérose» de l’Inserm.

associées. L’équipe de Philippe Froguel identifie les causes, celle de Bart Staels conçoit les molécules pour le traitement et celle de François Pattou est en charge des essais cliniques. Leur complémentarité sur un même sujet les a fait se réunir pour fonder l’Egid. Lille est l’endroit adéquat pour ce faire : la région détient le triste record d’être la première en France pour la prévalence de cette maladie métabolique et de l’obésité. “Et les dépenses de santé liées au diabète augmentent de 9% par an”, ajoute Dominique Picot, secrétaire général de l’Egid. Le 1er Symposium est organisé en 2010, avec déjà des intervenants et un public international. Boostée par la conjoncture et la conjonction des bonnes personnes au bon moment sur le bon sujet, la success story continue.
En 2011, à l’issue du premier appel à projets du programme Investissements d’avenir, l’Egid obtient l’unique statut de Laboratoire d’excellence (Labex) de la région, avec un financement de 18 milliards d’euros sur neuf ans. La même année est créée par le CNRS, et avec l’accord des partenaires institutionnels de l’Egid, la Fédération de recherche Egid. Son but : avoir une approche originale de la compréhension, de la prévention et du traitement du diabète, de l’obésité et des maladies métaboliques ainsi que leurs complications. La finalité est de mieux traiter le patient.

De nouvelles équipes internationales et des contrats. En 2012, l’Egid prend de l’ampleur, tout en organisant son 2e Symposium. En septembre, trois nouvelles équipes de recherche ont rejoint les 130 personnes déjà présentes sur le projet. Amar Abderrahmani, pharmacologiste du diabète, et son équipe arrivent de Lausanne. Ils vont travailler les dysfonctionnements cellulaires liés au diabète. Jean-Sébastien Annicotte, généticien, et son équipe déménagent de Montpellier. Ils vont s’attacher à identifier les gènes impliqués dans les cellules responsables du diabète. Ghislain Rocheleau, biostatisticien, arrive de Montréal. Il formera son équipe sur place, à Lille, pour améliorer l’exploitation des données existantes sur le diabète. Toutes les équipes se regrouperont sur un seul et même site au CHRU de Lille, dans un nouveau bâtiment prévu pour 2015.
La Fédération de recherche Egid, un projet de très grande envergure : c’est le premier et le seul en France à s’être structuré autour du diabète, avec une approche complémentaire et originale. Il s’agit à la fois de travailler sur la compréhension, la prévention et les traitements du diabète, de l’obésité et des maladies métaboliques qu’elles engendrent. Notre but est de devenir ‘la’ référence européenne en la matière. Nos équipes ne sont pas encore très grandes, mais elles font référence en termes de publications scientifiques”, commente Dominique Pacot. Preuve de l’attractivité du projet : “Nous avons déjà eu des sollicitations d’autres chercheurs pour nous rejoindre”, confie encore le secrétaire général.
Et les industriels s’intéressent aussi au projet. Des partenariats sont déjà signés avec des sociétés régionales comme Cousin Biotech, Genfit ou Genoscreen, mais aussi avec Sanofi et Merck. “Nous avons besoin de ces partenariats pour continuer à nous développer. La pharmacologie, la génomique et les traitements chirurgicaux sont les principaux débouchés visés”, conclut-il à l’attention des industriels. Des contrats européens et ANR ont déjà été signés, et d’importants contrats industriels sont en cours de négociation, aux dires de Dominique Pacot.
En attendant, le Symposium est déjà soutenu par des partenaires privés tels Illumina, Genfit et Genoscreen, sous le patronage de la SFD (Société francophone du diabète) et la NFAS (New French Atherosclerosis Society).