Réaction du conseil de développement Arras-Pays d’Artois

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8489 par

A travers son président, Jean-Marie Prestaux, le Conseil de développement Arras- Pays d’Artois réagit par rapport au projet canal Seine-Nord Europe. “Le projet du canal Seine-Nord Europe a plus de 20 ans. C’est un grand projet national, à l’ambition européenne, qui a été porté par plusieurs gouvernements successifs et a traversé les alternances politiques pour […]

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D.R.A travers son président, Jean-Marie Prestaux, le Conseil de développement Arras- Pays d’Artois réagit par rapport au projet canal Seine-Nord Europe. “Le projet du canal Seine-Nord Europe a plus de 20 ans. C’est un grand projet national, à l’ambition européenne, qui a été porté par plusieurs gouvernements successifs et a traversé les alternances politiques pour aboutir à une déclaration d’utilité publique en 2009, puis au lancement d’une procédure de dialogue compétitif en 2011. Dans le même temps, des sommes considérables ont été engagées par les services de l’Etat et les collectivités territoriales pour des actions publiques très concrètes : la réalisation des fouilles archéologiques conservatrices, la gestion des emprises foncières, l’intégration du projet dans les schémas de cohérence territoriale (Scot)… Ce grand projet reste le chaînon manquant du canal à grand gabarit permettant de relier l’Ile-de-France, la vallée de la Seine, la grande région Picardie/ Nord-Pas-de-Calais au nord de l’Europe. Autant l’abandon du projet autoroutier A24 (souhaitable pour atténuer l’engorgement de Lille) pouvait s’expliquer pour des raisons de bilan carbone, autant il est impossible d’envisager, pour les mêmes raisons, l’abandon du projet du CSNE, tant il répond de manière très emblématique au Grenelle de l’environnement. C’est en effet au moins 2 000 camions par jour qui ne rouleront plus sur les autoroutes de France et d’Europe du Nord, dès sa mise en service. En ces temps de crise, un engagement de l’Etat sera un signe fort et positif pour la population. La construction du CSNE entraînera en effet la création de nombreux emplois, de manière temporaire, durant le chantier et de manière durable pour l’exploitation du canal et ses équipements connexes (dont la plate-forme multimodale de Marquion ou le port intérieur de Corbehem). Pris au plus haut niveau de l’Etat, cet acte politique majeur serait avant tout la marque d’une ardente volonté politique pour l’aménagement du territoire (en France et en Europe) et pour l’indispensable réduction des gaz à effet de serre. La réalisation du CSNE et de ses équipements connexes apparaît également comme la principale solution de nature à compenser localement la disparition des 3 000 emplois enregistrée récemment par l’Artois-Cambrésis (restructuration des sites de défense, liquidations judiciaires de Doux et Meryl Fiber…). C’est aussi l’outil indispensable pour soutenir à la fois l’emploi régional et la grande ambition portuaire (maritime et fluviale) mise en oeuvre par la Région Nord-Pas-de-Calais et le réseau des CCI Nord de France. Sans compter la réduction durable des coûts de transports attendue pour les entreprises régionales qui aura un effet particulièrement bénéfique sur leur compétitivité. L’Etat doit décider rapidement la poursuite du dialogue compétitif en palliant éventuellement les défections. Seul cet engagement politique, pris au plus haut niveau de la République, permettra au gouvernement d’engager les discussions financières avec l’Europe, les partenaires publics et privés.”