Association

« Uracen nous a aidés à démarrer »

Publié dans l'édition Nord N. 8492 par

Créée en 1965, l’Union régionale des associations culturelles et éducatives du Nord-Pas-de-Calais (Uracen) propose à ses 350 membres – associations et collectivités locales – de leur apporter soutien, conseils et informations sur la gestion au quotidien d’une structure associative. La Gazette Nord-Pas de Calais vous propose de découvrir chaque mois un de ses adhérents. Ce mois-ci, rencontre avec Cécile Pérus, artiste conteuse à l’origine d’Artisserie, une association de passionnés de littérature orale sise à Tourcoing mais se produisant de plus en plus souvent dans la France entière.

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D.R.

Cécile Pérus se définit comme une «conteuse artissière».

La Gazette. Pourquoi avoir adhéré à l’Uracen ?

Cécile Pérus. Enseignante à Tourcoing et passionnée de contes, j’avais monté en 2007 un spectacle (des soirées contes), En Faim de contes. Soit, chaque mois, une rencontre avec un public chez un ami restaurateur de Tourcoing que cela intéressait aussi. C’était juste un rendez-vous autour de textes et d’échanges avec l’auditoire : pas d’association, informel ! Le restaurateur a arrêté et une amie nous reçus chez elle. Mais là il a fallu se structurer en association et l’Uracen nous a montré la voie à suivre grâce à la Maison des associations de Tourcoing.

Comment votre activité s’est-elle ensuite structurée ?

Nous étions à la Maison des collections, un cadre incroyable dû à la volonté de la famille Desurmont. Une fois par trimestre, Artisserie, aujourd’hui présidée par Patrick Boure, propose des spectacles qui n’ont strictement rien à voir avec du théâtre. C’est très intimiste, il y a échange permanent avec l’auditoire, le conteur n’est pas un acteur jouant un rôle avec un texte figé , écrit et récité. Le conte change à chaque fois qu’il est dit, il y a la gestuelle, on regarde le public, on se teste, c’est vraiment autre chose. Je me suis retrouvée seule artiste à faire ça pendant deux ans. En décembre, on aura deux ans d’activité. Mais l’été dernier tout a brutalement changé.

Que s’est-il passé ?

J’étais à un gros festival de contes plutôt réservé à des professionnels et des organisateurs en recherche de nouveautés. Et mon spectacle a plu au point que je me suis retrouvée plus ou moins obligée d’étoffer un répertoire jusque-là limité. On m’a demandé des choses que je ne faisais pas en dehors de Il était une autre fois, mon spectacle. J’étais prise de court à vrai dire, je n’ai jamais dit non, mais pour me présenter à d’autres festivals où j’étais invitée, j’ai dû travailler. J’ai créé deux nouveaux spectacles, bref il a fallu que je me professionnalise. En 2011, un rythme de croisière a été atteint à tous niveaux. Mais nous restons une toute petite asso avec trois personnes, pas plus !

Comment voyez-vous l’avenir d’Artisserie ?

C’est assez flou, surtout si nous nous développons. Je travaille avec Dominique Pottier, la musicienne qui m’accompagne. On vend du spectacle au niveau national. En 2012, on se sera produites une bonne trentaine de fois, c’est pas mal ! Notre public est éclectique : les écoles, les particuliers comme à nos débuts, les festivals pour se faire connaître,? Parfois, dans des endroits insolites comme, une fois, sous une yourte près de Calais. Le conte se prête aux rencontres inattendues, c’est juste une tradition orale. Mais il nous faut mieux communiquer pour vendre nos spectacles et pérenniser notre nouveau statut. Nous ne demandons pas d’aide financière jusqu’à présent. Peut-être faudra-t-il fédérer, entrer dans une structure artistique et culturelle qui partage les mêmes problématiques… Les réseaux de l’Uracen peuvent alors nous être utiles. Pour le moment nous formons des enseignants surtout, à travers des ateliers.

 

Artisserie : 100, rue de Lille à Tourcoing. Tél. : 06 28 32 32 03 – contact@artisserie .fr.

Artisserie est la « Maison qui conte depuis 2007 » !