Rencontres régionales pour l’avenir de l’agroalimentaire et du bois

De nouveaux outils pour développer la filière agroalimentaire

Publié dans l'édition Nord N. 8508 par

Un parcours d’accompagnement à l’export, un référent agroalimentaire en région, l’accès facilité au financement : ce sont quelques-unes des mesures dévoilées le 31 octobre à Lille par Guillaume Garot, ministre délégué chargé de l’Agroalimentaire auprès du ministre de l’Agriculture.

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«Les Russes nous font confiance sur la qualité de nos produits et sur la sécurité sanitaire.» Ce compliment fait à la filière agroalimentaire française, Guillaume Garot l’ a reçu en septembre dernier alors qu’il se trouvait en visite à Moscou. Le ministre délégué chargé de l’Agroalimentaire auprès du ministre de l’Agriculture pense d’ailleurs que «la force» du modèle alimentaire français repose sur ces deux piliers : qualité et sécurité sanitaire. «Notre crédit à l’exportation se joue là-dessus», affirme-t-il. L’agroalimentaire est l’une des filières sur lesquelles la majorité actuelle compte pour assurer «le redressement productif». Au  gouvernement on pense que les actions à définir seront d’autant plus efficaces qu’elles seront partagées localement. C’est l’objectif assigné à la série de rencontres dénommées «Rencontres régionales pour l’avenir de l’agroalimentaire et le bois». Venu le 31 octobre au Conseil régional clore les travaux de la première journée de ces rencontres en Nord-Pas-de-Calais, Guillaume Garot a décliné quelques axes de la stratégie pour développer l’agroalimentaire.
Parmi ces axes figure l’export. Le développement à l’international devra cibler les marchés émergents. Même si les Russes disent du bien de l’agroalimentaire français, l’action à l’export devra dans un premier temps être principalement orientée vers trois pays : la Chine, la Corée et le Japon. Pour ce faire, un outil destiné en particulier aux PME de la filière va être mis en place : le parcours d’accompagnement à l’exportation. «C’est un accompagnement personnalisé allant de la production jusqu’à la distribution», affirme Guillaume Garot. Les PME devraient aussi bénéficier dans les prochaines semaines de formations à l’exportation. 
Les acteurs de la filière n’ont pas manqué de rappeler au ministre l’entrave à la compétitivité de l’économie généralement évoquée : le coût de la main-d’œuvre. «Sur ce sujet il n’y a pas de tabou. Les réponses seront trouvées à l’échelle européenne», s’est contenté de déclarer le ministre. Mais la compétitivité de l’agroalimentaire c’est le renforcement à travers l’innovation des «deux piliers» du modèle français. Or, sur dans ce domaine l’agroalimentaire ne brille pas par sa performance. Alors qu’en moyenne 2% du chiffre d’affaires est consacré à la R&D dans l’industrie, la proportion n’est que de 0,7% dans l’agroalimentaire. Pour y remédier, le ministre a annoncé un projet d’élargissement du crédit impôt recherche à l’ensemble de la filière. En région, l’innovation dans la filière a été mise en œuvre à travers deux pôles de compétitivité, celui de l’agroalimentaire et du bois créés dès 2008 et 2009.

Un «référent agroalimentaire» pour bientôt. L’accès au financement est une des difficultés de la filière. Le ministre s’est fait fort de plaider pour la filière auprès de la nouvelle Banque publique d’investissement. Cette dernière devra tenir compte de la rentabilité à long terme des investissements au sein de la filière.
De toutes les mesures annoncées le 31 octobre, la première qui sera mise en œuvre est celle de la désignation dans chacune des 22 régions d’un «référent agroalimentaire». Interlocuteur des acteurs locaux de la filière, le référent agroalimentaire sera facilement joignable par téléphone et par courriel. La désignation du référent du Nord-Pas-de-Calais devrait intervenir avant fin décembre.

 

Encadré :

Quelques points forts de l’agroalimentaire en Nord-Pas-de-Calais

Le Nord-Pas-de-Calais est la 3région agroalimentaire de France en termes de chiffre d’affaires. A l’exception de la viticulture, toutes les activités de la filière y sont représentées. Les dominantes restent toutefois la transformation des grains et amylacés (produits à base d’amidon) et la production de produits intermédiaires d’origine végétale. La région est leader pour la levure de panification avec un acteur de taille mondiale : Lesaffre. Autres points forts de la région : la transformation des produits de la mer ainsi que l’industrie de la pomme de terre et des légumes. 

D.R.

Guillaume Garot, ministre délégué chargé de l’Agroalimentaire auprès du ministre de l’Agriculturen a visité le site de Lesaffre à Marcq-en-Barœul.