Semaine Kalypso à la Faculté des sciences appliquées de Béthune

Des étudiants dans la peau d’entrepreneurs…

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8511 par

Les étudiants de master 2e année des facultés de Béthune et Liévin ont participé pendant une semaine à un exercice de simulation de création d’entreprise. Cette expérience fait partie intégrante de leur cursus et vise à encourager l’esprit d’initiative.

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

D.R.

Il ne s’agit pas de banals exercices physiques mais bien d’épreuves sportives mettant en avant la cohésion d’équipe.

C’est la 11e fois consécutive qu’est reconduit le projet Kalypso (nom du logiciel utilisé au cours des travaux). Ce dernier consiste à mettre, une semaine durant, des étudiants de master 2e année en  situation de managers d’entreprise.

Des jeunes de la Faculté des sciences appliquées de Béthune et de la Faculté des sciences des sports ont participé du 12 au 17 novembre à cette expérience intensive qui s’inscrit dans leur cursus universitaire.

Pour l’édition 2012, les concurrents ont été parachutés dans la peau de constructeurs de bateaux. Organisés en équipe de cinq, leur mission était de décrocher la palme de la meilleure société du marché. «Nous avons mélangé les 80 étudiants, qu’ils soient scolarisés en logistique, génie électrique, industriel ou en sport… Nous avons voulu associer la Faculté des sports car beaucoup de diplômés en sortent avec un projet de création. Au préalable, nous  avons juste dispensé aux participants un cours d’économie d’une douzaine d’heures. Ils ne savaient pas à qui ils allaient être associés, la découverte se veut totale. Nous avons reçu le soutien du hubhouse qui accompagne les étudiants porteurs d’initiative», raconte Catherine Couturier, chargée de mission pour l’innovation pédagogique et maître de conférence.   

Gestion du stress, capacité à prendre des décisions dans l’urgence, à se répartir les tâches mais aussi et surtout propension à travailler en cohésion, dans un esprit d’équipe, représentent quelques-unes des qualités dont les jeunes ont dû faire la démonstration pendant leur périple d’une semaine.

 

Savoir s’organiser. «Nous tentons de leur inculquer une culture d’entreprise. Cette épreuve de simulation les a poussés dans leurs derniers retranchements. La semaine correspondait à une année d’activité. A la fin de chaque demi-journée, il fallait prendre des décisions vitales. Plus les jours avancent et plus l’intensité augmente», commente Catherine Couturier. Ainsi, chaque équipe doit gérer de multiples aspects et les relations humaines se situent au centre des débats. Ils apprennent à appréhender les conflits, à les déceler et à s’appuyer sur les qualités des uns et des autres. 

Chaque équipe a dû penser et bâtir sa stratégie, définir des process, développer des relations avec ses concurrents, assurer une veille du marché et apprendre à gérer son budget.  

Il a fallu aussi trouver des fournisseurs, fixer des prix de vente des bateaux… Chacun des huit enseignants encadrant cette initiative se voit attribuer un rôle clé, endossant le rôle de banquiers, d’industriels… 

«Pour gagner, ils doivent connaître les règles qui régissent le marché. Par conséquent, il faut emmagasiner en un laps de temps très court de nombreuses données. La compétition ne s’arrête pas à 18 heures, elle se poursuit tard dans la nuit. L’investissement exigé se veut total», précise Catherine Couturier.

 

Esprit d’ouverture. L’après-midi du jeudi a revêtu une saveur particulière puisqu’il a été agrémenté d’épreuves sportives. Peu importe la performance sportive pure, ce fut avant tout l’esprit d’équipe, la volonté d’avancer ensemble et de se répartir équitablement la somme d’efforts qui ont été mis en exergue. «On les place dans une situation inhabituelle et on évalue leur capacité à s’organiser, à mener une stratégie cohérente. On mesure la cohésion du groupe. Ce temps fort permet parfois de ressouder une équipe ou de valoriser un équipier qui jusque-là se trouvait en retrait», insiste Viviane Boutin, enseignante d’éducation physique et correspondante du service d’aide, d’orientation et d’insertion professionnelle à la Faculté des sports de Liévin.

Des échanges et événements divers ont étayé le programme de la semaine. Ainsi, un séminaire sur les réseaux sociaux s’est déroulé le jeudi soir. Il a montré que la culture de projet dépasse largement le cadre professionnel. Par ailleurs, les intervenants ont insisté sur la nécessité de se construire un  réseau professionnel.

Kalypso s’est achevé le samedi par la tenue des assemblées générales de ces sociétés virtuelles et par une remise de prix. «Il existe différentes catégories afin de ne léser personne. Nous voulons avant tout encourager les étudiants et saluer leur investissement», conclut Catherine Couturier.       

Incontestablement, cette expérience s’est apparentée à un excellent galop d’essai avant de se lancer dans le monde du travail d’ici quelques mois ou alors elle s’est avérée,  pourquoi pas, comme étant un prélude avant de se lancer dans l’aventure de la création d’entreprise. Kalypso a en tout cas révélé des personnalités et peut-être suscité des vocations.