A Béthune

Doors international, géant de la porte d’entrée

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8511 par

Autodidacte, ambitieux et visionnaire, trois mots qui collent parfaitement à la personnalité Jean-Gabriel Creton. Ce dernier a exercé de multiples professions avant de trouver sa voie : celle de l’entrepreneuriat.  Ouvrier taraudeur, employé de bureau, magasinier en quincaillerie, directeur de site…, notre homme sent à l’entame des années 90 qu’il existe des opportunités à saisir sur […]

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D.R.

Jean-Gabriel Creton a su construire un géant de la porte d’entrée au niveau national.

D.R.

La qualité, une véritable marque de fabrique.

Autodidacte, ambitieux et visionnaire, trois mots qui collent parfaitement à la personnalité Jean-Gabriel Creton. Ce dernier a exercé de multiples professions avant de trouver sa voie : celle de l’entrepreneuriat.  Ouvrier taraudeur, employé de bureau, magasinier en quincaillerie, directeur de site…, notre homme sent à l’entame des années 90 qu’il existe des opportunités à saisir sur le marché de la porte d’entrée. Il crée ainsi sa société, nommée Euradif, à Erquighem-Lys, recrutant dans un premier temps un ouvrier… Près de deux décennies plus tard, Euradif, devenue Doors international, emploie 140 personnes et est toujours restée fidèle à son produit de base. Elle a étoffé son offre, étant positionnée sur différents créneaux, de la construction en grande série, à la porte de luxe, sans oublier la porte blindée ou celle plus isolante… En 2011, Doors pesait 28% des parts de marché sur l’ensemble des portes d’entrée vendues en France. Au niveau des portes PVC, le groupe béthunois détient le leadership avec pas moins de 44 % de parts de marché.   

De 2 à 140…
Bref, Jean-Gabriel Creton a su opérer les choix stratégiques opportuns pour transformer la petite entreprise locale en acteur majeur du marché français de la porte d’entrée. « Dès les origines, nous avons enregistré une croissance à deux chiffres. Nous avons grandi étape par étape. En 1999, nous avons investi dans un bâtiment à Godewaersvelde. A l’époque, nous étions 16. Puis, en 2003, il a fallu agrandir l’usine. En 2008, nous manquions à nouveau de place, la CCI de Béthune s’est montrée réactive et nous a trouvé des locaux, d’une surface de 8000 m², sur le Technoparc Futura. Nous y avons implanté notre siège, ainsi que notre second site de production », explique Jean-Gabriel Creton. Mais la belle ascension ne s’est pas arrêtée en si bon chemin. En 2009, l’entreprise ouvre son capital à des investisseurs extérieurs à hauteur de 18% (la famille Creton restant largement majoritaire) et cette décision ouvre de nouvelles perspectives : l’entreprise change de forme  juridique et devient une holding.
En 2011, un tournant majeur est abordé, le groupe Doors innove et consent 1,7 million d’euros pour lancer sa propre marque RT Doors, fabricant sous ce nom des portes à haute performance thermique. En optant pour ce choix, Jean-Gabriel Creton exprime une nouvelle fois son sens de l’anticipation.

Diversification payante
Parallèlement, 1,8 million d’euros est consacré à l’extension du site de Béthune et le groupe lorgne en direction d’un nouveau marché, celui des bailleurs sociaux. Durant ces derniers mois, Jean-Gabriel Creton et ses troupes se sont attachés à poursuivre cette politique de diversification. En fin limier, le dirigeant du groupe a senti qu’une place était à prendre sur deux niches : la porte blindée haut de gamme et les portes d’intérieur d’exception.
Dans ces conditions, le chiffre d’affaires s’est développé de façon exceptionnelle (il devrait être de 23 millions d’euros pour 2012) et malgré la crise, Doors parvient à maintenir le cap et continue de se donner les moyens de ses ambitions, comme le souligne Jean-Gabriel Creton : «Depuis 1999, nous avons investi pas moins de 9,3 millions d’euros, 4 en productif et 5,3 sur le foncier et les bâtiments.» S’il s’agit d’une des clés du succès, une seconde réside dans cette propension énorme à innover et à faire évoluer les produits. « Nous créons sans cesse des prototypes. Nous nous renouvelons régulièrement et lançons de nouvelles collections chaque année. Nous tentons d’améliorer la qualité pour tendre vers la perfection, pour preuve, nous nous situons à moins d’1% de retour en SAV », confie Jean-Gabriel Creton.

Equipe efficace
Ce dernier loue aussi volontiers les qualités de son équipe. A ce titre, les aspects sociaux revêtent une importance essentielle à ses yeux, de bonnes dispositions au travail représentant le moteur de la bonne santé de l’entreprise. Dans les bureaux béthunois, il a installé une cellule recherche et développement, particulièrement créative. Le  management se veut participatif : «Les décisions sont prises de façon collégiale. J’ai bénéficié de la confiance de mes patrons en tant qu’employé, j’essaie donc de dupliquer cette exemple. En interne, nos salariés peuvent évoluer, nous les incitons à utiliser le DIF, à passer des masters, à apprendre l’anglais. Les gens adhèrent au message», constate-t-il. 
Pour 2014 l’objectif fixé est d’atteindre les 25 millions de chiffre d’affaires et de revenir dès 2013 à une croissance à deux chiffres. Ainsi, les projets ne manquent pas. Des réserves foncières ont été effectuées en vue d’une future extension. Jean-Gabriel Creton souhaite renforcer la position de Doors en Île-de-France.
L’entreprise a commencé à décliner son réseau de poseurs pour sa marque de prestige Designity. Une charte a été rédigée en ce sens et trois sociétés ont déjà été retenues sur ce créneau. 2013 sera aussi placée sous le signe du marketing en direction des institutionnels, collectivités, banques, assureurs…
Si elle réfléchit aussi à la piste menant à l’exportation , la direction souhaite se concentrer pour le moment sur le marché français. Toutefois, Doors a déjà décroché des commandes en Afrique du Sud. 
Enfin, des produits inédits vont être lancés dans les mois à venir, avec notamment, pour fin 2013, une porte d’entrée à reconnaissance faciale… La belle histoire n’est pas prête de s’arrêter.