Entrepôt logistique

Le Siziaf perd Amazon mais gagne un projet d’envergure

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8509 par

La nouvelle a fait grand bruit : le géant Amazon a décidé d’implanter son quatrième entrepôt logistique à Lauwin-Planque en périphérie de Douai. La zone d’activité du Siziaf, qui était dans la course finale, a peut-être perdu Amazon mais garde le projet d’une plate-forme de 90 000 m².

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En janvier dernier, le syndicat intercommunal qui gère la zone industrielle de Douvrin/Billy-Berclau est contacté de manière informelle par le groupe Prologis, spécialiste de la fourniture de bâtiments clés en main, pour une visite de la zone. «Les personnes que nous avons reçues ont  souhaité découvrir nos implantations et se sont longuement attardées sur le bâtiment occupé jusqu’en 2009 par Filartois», indique Vianney Leveugle, directeur du Siziaf. Le bâtiment en question, d’une superficie de 45 000 m² et implanté sur un terrain de 20 hectares, intéresse le prestataire.
«Ils nous ont posé de nombreuses questions et rapidement ont fait signer une promesse de vente au propriétaire, poursuit le directeur. Nous avons appris plus tard que le client en question n’était autre qu’Amazon.» Le groupe américain cherchait un bâtiment ce type avec possibilité d’extension pour ouvrir une plate-forme logistique pouvant être opérationnelle rapidement.
Finalement, courant mai le projet est abandonné, Amazon ayant trouvé un bâtiment à côté de Châlons-sur-Saône en Bourgogne. «L’implantation en région Nord-Pas-de-Calais est alors décalée d’une année.»  

D.R.

Vianney Leveugle connaît bien le projet de construction d'un bâtiment logistique XXL sur la zone d'activité pour l'avoir travaillé pendant six mois pour le compte d'Amazon.

 

Bâtiment en « greenfeld ». Rapidement, le groupe Prologis retravaille sur un autre projet, mais cette fois dans le cadre d’un bâtiment en « greenfeld ». «Nous avons une nouvelle fois reçu des responsables d’Amazon pour ce deuxième projet, toujours de manière anonyme. Nous leurs avons proposé deux terrains (ndlr : un avec un bord à canal et le second à l’arrière du bâtiment Filartois)», renchérit Vianney Leveugle.
Une des problématiques du géant américain de la distribution numérique est de trouver du personnel, «Sur Orléans et Montélimar, le turn-over est assez important et il existe une tension sur l’emploi.» Les arrondissements de Lens et Béthune disposent, selon le Pôle emploi, de près de 20 000 demandeurs d’emploi aptes à travailler dans la logistique, c’est pourquoi le choix d’Amazon s’est porté sur la région.
«Autres points forts de notre zone d’activité, nous disposons du foncier nécessaire disponible immédiatement et sommes situés à un peu plus d’un kilomètre de la gare de La Bassée», poursuit le directeur. Enfin, l’aspect développement durable de la zone du Siziaf les attire, «Prologis est également très sensible à cette approche ».
En juin, quatre sites étaient en compétition pour accueillir la quatrième plate-forme logistique : Saint-Laurent-Blangy, Lauwin-Planque, le Siziaf et Valenciennes. En septembre, Valenciennes se retire de la course et finalement seuls trois dossiers sont constitués.

 

Bon perdant. Le cahier des charges d’Amazon est arrivé mi-septembre et les permis de construire déposés entre le 15 septembre et le 15 octobre. «L’Américain fait déposer simultanément trois dossiers pour un bâtiment de 90 000 m² extensible à 110 000 et fait ensuite jouer la concurrence entre les trois sites et les trois prestataires», expose-t-il.  
Fin novembre, Vianney Leveugle recevra finalement un appel téléphonique : «Les responsables d’Amazon m’ont remercié pour la qualité de l’accueil et la réactivité de l’ensemble des partenaires sur ce projet, mais préfèrent s’implanter à Lauwin-Planque qui est plus proche de l’autoroute A1.»
«Quand on joue, il faut accepter de perdre», souffle Vianney. Grosse déception, donc, pour l’équipe du Siziaf qui était mobilisée sur ce projet depuis six mois.

 

Poursuite du projet. Amazon préférera poursuivre ce projet avec son prestataire habituel, celui qui est en train d’implanter quatre plates-formes logistiques XXL en Allemagne et qui avait proposé une implantation en périphérie de Douai.
Reste que tout n’est pas perdu pour la zone Artois-Flandres qui a beaucoup investi et eu la chance de rencontrer Prologis, «un grand de la logistique». Ainsi, le projet qui avait été monté n’est pas complètement abandonné. Certes Amazon ne viendra pas à Douvrin mais «nous gardons le permis de construire avec son ICPE et ses autorisations d’exploiter, afin de pouvoir le commercialiser courant 2013», promet Vianney Leveugle.
En effet, il n’y a pas qu’Amazon dans le monde de la logistique et la zone a les moyens de s’orienter vers des activités de logistique à forte valeur ajoutée.