Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d'Opale

Concilier environnement et développement

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8513 par

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À la rencontre de ces deux mers, ce secteur de 2 300 km², au droit d’un linéaire côtier de 118 km entre le Tréport (Seine-Maritime) et Ambleteuse (Pas-de-Calais), constitue un véritable carrefour biologique : les sept estuaires et les hauts fonds s’étirant en bancs de sable mobiles au large des côtes favorisent en effet les cycles de vie d’espèces diversifiées et remarquables. Plus de 200 espèces animales et végétales y sont présentes : 16 espèces de mammifères marins (marsouins, dauphins, phoques veaux-marins, phoques gris…), 69 espèces d’oiseaux marins (mouettes tridactyles, gravelots…), 90 espèces de poissons ou coquillages dont certaines sont exploitées, menacées ou protégées (cabillauds, requins-pèlerins, anguilles…) et 37 espèces de végétaux, dont certaines sont exploitées par des pêcheurs à pied (salicornes) ou menacées (laminaires et fucus). De même, la présence d’un fleuve marin côtier (masse d’eau dessalée alimentée par le panache de la Seine et des autres estuaires), dérivant le long de la côte vers le nord, assure d’importants transferts sédimentaires et contribue à une bonne qualité de l’eau.

L.Mignaux/MEDDE

Sur le périmètre du nouveau parc prospèrent plusieurs petites flottilles qui maintiennent une activité de pêche côtière traditionnelle sur le littoral.

 

Un conseil de 60 membres. Cet espace marin à haute valeur environnementale et aux enjeux de multiples usages (pêche, trafic maritime, activités de loisirs…) devient ainsi un lieu privilégié pour concilier protection du milieu marin et développement des activités marines.Le conseil de gestion de ce nouveau parc naturel marin, composé de 60 membres représentant les acteurs locaux, devra élaborer dans les trois ans le plan de gestion du parc et arrêter les orientations de gestion. Tout en protégeant les écosystèmes et le patrimoine naturel marin, il faudra aussi développer de manière durable les différentes pêches − activités essentielles à l’économie locale − mais aussi les activités économiques actuelles (tourisme, sports et loisirs en mer…) ou futures, en restant ouvert à l’innovation et à de nouveaux usages. De surcroît, dans cette zone frontière, le conseil de gestion est appelé à coopérer avec les autres pays riverains en vue de la protection d’un espace marin commun.

 

Un siège au port de Boulogne. Pour le ministre des Transports, de la Mer et de la Pêche, Frédéric Cuvillier, il s’agit d’une première étape : « Le parc devra trouver une cohérence avec les zones de protection voisines et il faudra regarder vers les deux Caps pour une extension légitime. » L’équipe pilote, jusqu’à présent hébergée dans les locaux boulonnais du Comité régional des pêches maritimes, s’est installée dans les locaux de la Direction départementale des territoires et de la mer à Boulogne-sur-Mer. Le siège administratif du parc marin y sera basé. « À terme, déclare Frédéric Cuvillier, cette équipe sera largement étoffée et la présence à Boulogne d’acteurs maritimes (université, Nausicaà, Ifremer, Anses, Aquimer…) vient conforter l’idée d’une implantation pérenne de cette équipe. De nombreuses collaborations scientifiques pourront ainsi se nouer. » Le ministre y voit un autre avantage : envoyer un signal fort à Bruxelles en plaçant la pêche boulonnaise et étaploise sous l’angle du développement durable. 

 

Le périmètre retenu comprend sept estuaires : la Bresle, la Somme, l’Authie, la Canche, la Liane, le Wimereux et la Slack. Il inclut de nombreux bancs de sable de faible profondeur (Ridens du Tréport, Bassurelle de la Somme, Quemer, Battur, Bassure de Baas, Vergoyer). Par contre, il exclut les domaines maritimes des ports du Tréport et de Boulogne-sur-Mer.
D.R.

Le parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d'Opale s'étend sur 2 300 km².