Les musiques actuelles et Aulnoye-Aymeries : l'histoire continue

Un pôle régional prévu dans une friche à rénover

Publié dans l'édition Nord N. 8514 par

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Photo agence d'architecture Rudy Ricciotti

Une des illustrations réalisées par l’agence d’architecture de Rudy Ricciotti. Le patrimoine industriel sera mis en valeur dans une opération de réhabilitation/réutilisation.

Aulnoye-Aymeries est connue, notamment, pour son festival des Nuits secrètes. Et ce projet de «pôle régional de musiques actuelles» s’inscrit dans ce sillage. Le chantier de transformation de la friche industrielle retenue doit en principe démarrer au printemps 2013 et être achevé en 2015, lorsque Mons sera Capitale européenne de la culture, avec des retombées pour Maubeuge, une des villes partenaires de l’événement. Si la maîtrise d’ouvrage sera assurée par l’agglomération Maubeuge Val de Sambre, la maîtrise d’œuvre a été confiée en avril dernier, après concours, à un architecte de renom établi à Bandol : Rudy Ricciotti (son site présente ses réalisations).

Un contexte local. On l’a déjà écrit : le centre-ville d’Aulnoye-Aymeries ressemble à un grand chantier. Une profonde rénovation urbaine a été engagée ces dernières années et la friche de 14 000 m2 sur un terrain de 22 000 m2, toute proche de la gare, fait partie des pièces de ce vaste puzzle pour lequel l’AMVS a passé des conventions avec l’Etablissement public foncier Nord-Pas-de-Calais, l’outil foncier des collectivités.

Bernard Baudoux, maire et notamment vice-président de l’AMVS, précise que l’EPF s’est rendue propriétaire du site début 2012 (pour 840 000 euros HT) et qu’il la revendra à l’intercommunalité au moment du démarrage des travaux. Ces lieux ont abrité jusqu’en 2011 des ateliers de la SAMP (Société des ateliers mécaniques de Pont-sur-Sambre).

Pour l’élu, ce projet revêt au moins deux significations : «On est d’abord bien dans la logique et la continuation des Nuits secrètes et l’association est intégrée à la réflexion qui accompagne cet ambitieux projet. Mais cette halle industrielle sera aussi un clin d’œil au passé de la commune. Culture et histoire industrielle seront intimement mêlées.» Il précise au passage que le projet prévoit de conserver (à 80%) et de mettre en valeur la structure métallique, de type Eiffel, dit-on. Il y voit également un symbole de la mutation en cours.

 

D.R.

L’ancien bâtiment industriel fait aussi partie des friches qui seront traitées dans le cadre de la rénovation urbaine à grande échelle en cours actuellement à Aulnoye-Aymeries. La gare est toute proche.

Un outil à vocation régionale. Le futur équipement aura plusieurs utilisations mais sa vocation touchera à la diffusion, à la création, à la formation. Dans les descriptifs apparaissent deux halls pour des concerts, avec un mélange de surfaces couvertes et d’espaces en plein air ; une salle de 800 places et une autre plus petite, d’une jauge de 300 places ; des espaces plus réduits pour accueillir des studios d’enregistrement (des prix de location plus abordables pour les formations régionales sont annoncés), des ateliers et des salles de répétition. Un espace snack-restaurant est prévu dans le projet architectural (dont nous reparlerons).

Selon les mots officiels, le PRMA se veut lieu de ressources, de soutien aux pratiques artistiques, de promotion, d’accompagnement, de sensibilisation, d’éducation et de production à l’échelon régional, et ouvert aux professionnels comme aux amateurs.

Dix millions. Le coût de ce projet est estimé aujourd’hui à 10 millions d’euros. Selon Bernard Baudoux, les financements viendront au moins de l’AMVS, de la Région (principal partenaire) ainsi que du Département. L’AMVS espère limiter sa participation à 20%. L’Etat et l’Europe seront sollicités.

A ce jour, le montage financier de l’opération n’est donc pas déterminé. Quant au futur mode de gestion, il ne l’est pas non plus. Une société publique locale (structure d’actionnariat public en vogue) pourrait être créée.

Du côté de l’agence de Rudy Ricciotti, maître d’œuvre, on précise simplement que la phase d’études se poursuit avec l’AMVS.