Aimer vient chiner à Calais

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8553 par

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

 

CAPresse 2013Visite d’un grand linger chinois à la Cité de la Dentelle le 9 mai dernier.

 

 Il aura fallu plus de cinq ans pour que la phobie asiatique ne laisse la place à une forme de fierté de montrer ce que Calais sait (encore) faire. La visite du linger chinois Aimer – prononcé à l’anglaise – à la Cité internationale de la Dentelle et de la Mode résonne comme une prise en compte réaliste du marché mondiale de la lingerie. Natacha Bouchart, sénatrice-maire de Calais ne goûtait pas les échanges avec la Chine quand la Cité ouvrait ses portes en 2009 ; cinq ans plus tard, «les Chinois» sont enfin vus comme ils sont : des clients potentiellement très importants qui, à la différence de leurs concurrents européens, ont les moyens de ne pas laisser d’impayés… En contact avec le linger chinois – qui a pris un patronyme français idoine – depuis plusieurs mois, Jean-Louis Dussart fait visiter la Cité de la Dentelle, accompagné par des médias chinois : «La devanture du bâtiment est faite d’un verre courbé avec en toile de fond l’empreinte des trous des jacquards. L’ouvrage en verre vient de Chine. L’architecte n’a pas trouvé le savoir-faire en France», s’amuse-t-il.

CAPresse 2013

Jean-Louis Dussart, dirigeant de Desseilles Laces, et Xiaodan Wang, directrice opérationnelle de la marque La Clover chez Aimer Group.

De l’exception «made in France». Xiaodan Wang, directrice opérationnelle fixe les dentelles au fuseau des collections de la Cité. Et zoome sur les détails des pièces plusieurs fois centenaires. Le lendemain, chez Desseilles, elle a visionné une grande partie des collections et des épreuves sur lesquelles travaille le bureau de dessin. Aimer veut du Leavers de très haut de gamme pour fêter le dixième anniversaire de sa marque phare Le Clover. «Ils cherchent un produit d’exception pour leur marque la plus importante. Nous les voyons depuis près de deux ans. En Chine, dans les salons…», raconte Jean-Louis Dussart ; «on ne cherche pas de gros volume. On cherche de la grande valeur. C’est la seule voie en France pour produire du Leavers : la valeur ajoutée», poursuit le cadre dirigeant. Desseilles veut revivifier «l’association de la machine et de la main » dans ses dessins. Se réinscrire dans la tradition dentellière séduit l’imaginaire asiatique féru du «made in France».