Deux installations SEVESO supplémentaires à Dunkerque

Publié dans l'édition Nord N. 8554 par

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D.R.

Le territoire accueille 14 sites SEVESO. 12 à 18 000 m² seront consacrés aux entrepôts couverts où les vracs solides ou liquides seront conditionnés sur palettes.

La réunion du S3PI a passé en revue les projets sur le site du Port Ouest. Parmi eux, la création d’entrepôts pour le stockage de conteneurs et de vracs de matières dangereuses. Le territoire accueille 14 sites SEVESO, ce  projet compte deux installations classées seuil haut auquel s’ajoutera le Terminal Méthanier.

Le groupe EIFFAGE est parti du constat que les matières dangereuses sont de plus en plus nombreuses, que les emplacements de stockage sont diffus, que peu d’informations existent sur leur localisation. Parallèlement, le marché des hangars est saturé, les entrepôts non adaptés. Il souhaite offrir une installation permettant de sécuriser leur stockage. Conditionnées sur palettes ou containers, elles seront maintenues dans des bacs, silos ou entrepôts. Une possibilité de stockage en containers est offerte mais à un coût supérieur. Ces produits sont issus du bricolage, des services à la personne, de l’agroalimentaire, du jardinage, de l’industrie… Il s’agit de solvant, peinture, produits ménagers, cartouches d’encre ou de chasse… Situés sur une zone de 100 ha, 12 à 18 000 m² seront consacrés aux entrepôts couverts où les vracs solides ou liquides seront conditionnés sur palettes. Une cellule de douze containers de 35 à 36 m² sera proposée. Des puisards et bassins de rétention seront creusés en cas de débordement. Une augmentation du trafic, trains et véhicules, entraînera une source de bruit et une pollution de l’air tout comme les émissions diffuses des produits stockés. A terme, les flux représenteront 5 trains/semaine, 500 camions/jour, 300 voitures/jour, 850 000 palettes/an, 100 000 EVP/an dont 20 000 Maritime et 35 000 Ro-Ro. Les travaux débuteront en 2015 et dureront 4 ans. La première mise en exploitation est attendue pour 2016. Les investissements comptabilisent 180 M€ pour les infrastructures et constructions auxquels s’ajoutent 15 M€ pour le matériel. Concernant l’aspect «prévention des risques», EIFFAGE assure maîtriser toutes les synthèses, prévoir une gestion sécurisée des matières et rappelle que 100% de l’investissement provient de fonds privés.

Les associations de défense de l’environnement temporisent. Elisabeth Gueuret (ADELFA) pointe du doigt l’augmentation du trafic engendrant bruit et poussières et souligne que 500 camions/jour, c’est 1 000 allers-retours qui auront un impact environnemental et social, les dessertes sont publiques ! Elle interroge : «Quel est le circuit des matières ? Où vont-elles ? D’où elles proviennent ? Seulement de Dunkerque et son Hinterland ? Pourquoi doivent-elles être stockées à Dunkerque ?».

Nicolas Fournier (les Amis de la Terre) convient de la nécessité de rationalisation des circuits mais rappelle qu’il s’agit de deux sites SEVESO dans une zone où on les cumule et interroge sur l’épuration.

Christian Muys (MNLE) interpelle sur la saturation existante du réseau routier de Loon-Plage lors des sorties d’usines et dénonce le «négationnisme Dunkerquois» concernant la toxicité d’un nuage en cas d’incendie, se déportant sur la population.