A Calais, interrogations sur l'avenir des 4B

Les baux précaires comme solution ?

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8555 par

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Hervé Morcrette

Arylle Dehart, ici dans son magasin de chaussures, est l'un des pionniers des baux précaires.

Est-ce un défaut de conception, qui n’ouvre pas le centre sur la ville ? Est-ce parce qu’au début, les loyers proposés étaient exorbitants au regard du chiffre d’affaires réalisé ? Est-ce que Calais, décidément, se débrouille mal en tous domaines ? La réponse à la question est sans doute plurielle. Le constat est là : les 4B ne marchent pas et n’ont jamais marché. Jean-Marie Menu, nouveau directeur du centre depuis le début de l’année, n’est pas homme à s’effrayer du défi qui se présente à lui. Lui aussi dresse le constat d’un Calais mal en point. «Je suis étonné de voir le centre-ville avec autant de boutiques fermées», commente-t-il, tout en reconnaissant que «les circonstances économiques générales n’y sont pas favorables non plus».

«On peut s’installer tout de suite ». Les premières semaines de la direction de M. Menu n’ont pas arrêté les mauvaises nouvelles : la libraire Chapitre a annoncé sa fermeture et la transformation d’une partie du centre en lieu pour activités tertiaires, sous la houlette d’Armatis, a échoué, le centre n’étant pas éligible à certaines subventions. «La solution la plus viable, ce serait que les loyers soient normaux, en corrélation avec les investissements consentis afin, comme pour toute affaire, d’être rentable», théorise M. Menu tout en précisant que ce n’est pas le cas actuellement du centre dont il vient de prendre la tête. Mais comme il faut «qu’il y ait des lumières allumées», M. Menu ne renie pas la politique inaugurée avant son arrivée, qui consiste à proposer des baux précaires de 23 mois à ceux qui sont tentés par l’aventure. Ceci à des conditions avantageuses pour les commerçants, les 4B ne demandant qu’une somme modeste, destinée à couvrir ses frais. Autre argument avancé par M. Menu : dans la plupart des cellules qui ont été délaissées, les aménagements sont restés. Conclusion : «On peut s’installer tout de suite.»       

Le lobbying d’Arylle Dehart. Parmi ceux qui se sont engouffrés les premiers dans l’opportunité des baux précaires de 23 mois figure Arylle Dehart. Lassé d’affronter les aléas climatiques sur les marchés, l’homme a d’abord signé un bail précaire pour ouvrir une boutique de chaussures à petits prix. Puis ensuite un autre pour une échoppe de vêtements en cuir. Il dit avoir pratiqué un intense lobbying auprès d’amis commerçants pour qu’ils rejoignent les 4B. Sans grand succès, de son propre aveu. Les affaires sont décidément difficiles. «Il est temps que les Calaisiens nous aident en retrouvant le chemin des 4B», soupire-t-il.