Assemblée générale des artisans pêcheurs à Etaples

La Coopérative maritime étaploise affronte des vents contraires

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8559 par

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Cette procédure judiciaire et la nomination d’un administrateur ont eu des effets concrets immédiats qui semblent avoir surpris les coopérateurs et même leurs dirigeants. «Un vrai coup de massue», reconnaît Eric Gosselin. De fait, les comptes bancaires ont été immédiatement bloqués et le droit d’acheter en criée, y compris le poisson pêché par les adhérents, a été suspendu. L’unité de transformation et de commercialisation (UTC) Charcot, une fois ses frigos vides, a dû arrêter son activité et mettre en congé forcé ses 60 salariés. De leur côté, les patrons des chalutiers qui ont besoin de faire le plein de gasoil ne peuvent plus compter sur le service d’avitaillement assuré par la CME et doivent donc sortir leur carnet de chèques au pied de la cuve. «Les choses se dénouent de jour en jour pour nous permettre de reprendre une activité, rassure cependant le directeur. Mais cette mesure était nécessaire pour éviter un dépôt de bilan dans les prochaines semaines et il va falloir tailler dans le costume pour redonner de la rentabilité à la coopérative.»

D.R.

De gauche à droite, le président Bruno Margollé, le directeur Eric Gosselin, le président de l'Acanor Daniel Leprêtre, et le conseiller pêche du ministre Cuvillier, François Lambert.

 

Cinquante-trois navires. La CME a construit, au cours de son demi-siècle d’existence, un modèle économique original qui ne permet plus de répondre aux difficultés de sa flottille artisanale depuis sept ou huit ans. A la fois armateur (via l’armement coopératif Acanor que préside Daniel Leprêtre), écoreur de 53 bateaux, mareyeur, transformateur, poissonnier, restaurateur, accastilleur et organisation de producteurs, la coopérative est en même temps vendeur et acheteur en criée. En 2012, le résultat net de la seule CME est en déficit de 585 000 € (195 000 € en 2011) ; celui du groupe, en consolidant les comptes des différentes filiales, est de 1,077 M€ (492 000 € en 2011). Même si son chiffre d’affaires (15,33 M€) progresse de 4%, l’UTC affiche une perte de 663 000 € et son directeur Philippe Gall ne cache pas que la situation s’est encore dégradée au premier trimestre 2013. Le restaurant «Aux Pêcheurs d’Etaples» de Boulogne qui a été fermé en mai 2012 − et le bâtiment vendu en mars 2013 − a, lui, accusé un déficit de 427 000 €. Même l’écorage, bénéficiaire en 2011, a perdu cette fois 200 000 €. Parallèlement, des avances de trésorerie ont été octroyées à des pêcheurs en difficulté et les fonds propres ont fondu comme neige au soleil. Une restructuration va être très vite engagée.