Troisième révolution industrielle

A Dunkerque, Rifkin ne fait pas recette

Publié dans l'édition Nord N. 8574 par

Soirée de réflexion et de prévention à la communauté urbaine de Dunkerque. Philippe Vasseur, président de la CCI régionale et Jean-François Caron, vice-président du Conseil régional, ont plaidé pour la participation du Dunkerquois aux réflexions qui doivent nourrir la démarche de Jeremy Rifkin pour orienter la région vers la troisième révolution industrielle.

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CAPresse 2013

Débat serré sur le thème de la troisième révolution industrielle.

 

A Dunkerque, le 8 juillet dernier, une centaine de personnes avaient fait le déplacement. Et Philippe Vasseur, accompagné de Jean-François Caron, vice-président du conseil régional chargé entre autres de la transformation écologique et sociale, a pu jauger les réticences du Dunkerquois, étape du tour régional que le président consulaire réalise depuis le lancement de «l’opération » Jeremy Rifkin», expert attitré du Conseil régional pour passer le cap de la troisième révolution industrielle… Un rapport d’étape des propositions Rifkin doit intervenir ces prochains jours avant le rendu final d’octobre prochain. Présent également Michel Delebarre, sénateur-maire de Dunkerque, qui s’est montré «sceptique» quant à la personnalité de Rifkin, ses idées et sa manière de faire. Le président de la CUD a balisé le terrain : pas de remise en cause du prisme portuaire et du rôle des habitants de la Côte. Si la région peut incarner une expérience pilote mondiale de ce que peut être la révolution industrielle, elle le devra sans doute à Jeremy Rifkin. Et ce, pour plusieurs raisons. Son expertise, sa notoriété  , le maire de San Diego (1,3 million d’habitants) a fait le déplacement car il avait entendu parler de l’expérience pilote menée −, « et puis on a besoin d’une personne d’expérience. Si c’était l’un d’entre nous qui prenait l’initiative, on sait très bien comment ça finirait»…

Et les sous ? Philippe Vasseur a déminé les choses en insistant : «On ne fait pas un plan Rifkin. On ne part pas de rien. On coconstruit. Dans les énergies renouvelables, les réseaux intelligents, l’économie circulaire où nous avons déjà quelques expériences.» Jean-François Caron est allé plus loin : «Rifkin dit que notre modèle économique est mort et qu’il bouge encore.» C’est peut-être ce en quoi ne croient pas Michel Delebarre ni les Dunkerquois, habitués à vivre dans un milieu industriel depuis un demi-siècle et duquel le territoire tire sa richesse. Une résistance pas seulement psychologique. L’inquiétude était perceptible dans la salle : agents de la CUD, dirigeant de Dunkerque promotion, vice-président de la CUD, etc. Des Dunkerquois perplexes : «on ne va pas faire que du tertiaire ?», «quelle gouvernance entre des acteurs dont l’opinion pourra diverger ?»… «Des propositions et des projets, c’est très bien mais ce qui manque surtout, ce sont les finances», a rappelé Jo Dairin, ancien consulaire et vice-président de la CUD. Mais Rifkin est au centre de réseaux internationaux…