Une commission d’enquête sur la sidérurgie rend son rapport

Des pistes de sursaut en gestation…

Publié dans l'édition Nord N. 8580 par

Rapporteur d’une commission d’enquête parlementaire sur le ferroviaire dont l’Etat a tenu compte, puis d’une commission d’enquête sur l’évasion fiscale, le député du Nord Alain Bocquet remet au gouvernement un rapport de 447 pages sur la sidérurgie. Rien n’est perdu, des niches existent !

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Le sujet intéresse notre région qui concentre 50% de l’activité française. Depuis 2005, le député ne s’est pas découragé et enfin la 4e proposition a été la bonne, une enquête a été diligentée par l’Assemblée nationale. Pendant  six mois, 188 hautes personnalités ont été entendues dont Lakshmi Mittal, 21 auditions enregistrées et plusieurs déplacements effectués dont un à Dunkerque. Et 26 propositions ont été déposées notamment en faveur de la recherche.

Le « défaitisme » de l’Europe. Le Nord-Pas-de-Calais est pilote en la matière avec 11 000 salariés sur 25 000 en France, des pôles très lourds comme à Dunkerque et des activités emblématiques comme LME à Trith-Saint-Léger, les Acieries de Denain ou Vallourec. La région produit 7 des 15 Mt françaises, soit à peine 1% de la production mondiale alors que dans les années soixante-dix, elle était de 170 Mt en Europe et 25 pour la France. Pour Alain Bocquet, de mauvaises décisions ont été prises par Bruxelles qui en reste à une unique notion de concurrence ne correspondant plus au marché actuel. La Chine, en effet, ne cesse de progresser avec une production de 700 Mt brut et l’Europe s’incline, ne faisant même pas valoir ce qu’il lui reste d’arguments pour résister.

Pour un tri mieux organisé. Quels sont-ils selon cette enquête ? La formation et la recherche sont abandonnées parce que l’image de la sidérurgie est vieillotte. «A Fos-sur-Mer, on manque cruellement d’ingénieurs français», dit-il. Or, l’acier de grande qualité et développement durable  – contrairement à ce que produit la Chine qui ne subit aucun contrôle de qualité par l’Europe − est très recherché. Les aciers spéciaux français, très prisés pourtant, sont négligés. La filière du recyclage n’est pas développée. Pourtant, l’aluminium progresse par rapport à l’acier. Mais la France a vendu Péchiney, le spécialiste de l’aluminium, il ne reste que deux producteurs à Dunkerque et Saint-Jean-de-Maurienne qui, hélas, ne bénéficient pas de contrats durables à cause de Bruxelles qui ne jure que par la concurrence. L’aluminium qui provient de métaux hautement recyclables (20 Mt leur sont dues sur 60 dans le monde) pourrait aussi profiter d’un tri mieux organisé. En résumé, une sidérurgie européenne et française peuvent vivre en tablant sur des niches porteuses et la recherche face à la production massive chinoise qui est, pour l’instant, de mauvaise qualité, à condition que politiques et industriels tirent dans le même sens et ensemble, et changent d’idéologie sur la question. 

 

(avec une photo sidérurgie Bocquet 1)

D.R.

La récupération et le tri des métaux entrant dans la fabrication de l’aluminium doivent être revus de fond en comble.