A Sémeries dans l'Avesnois

La “bio-logique” de Patrick Dupont

Publié dans l'édition Nord N. 8576 par

Patrick Dupont, agriculteur retraité converti au bio, démontre, à sa façon, qu’une telle réalisation est possible.

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D.R.

Patrick Dupont, agriculteur bio retraité, poursuit la construction de sa maison à Sémeries. Un chantier rare mais des techniques connues.

 

Patrick Dupont, 62 ans, retraité, compte avoir terminé sa maison «bioclimatique» cet été. A Sémeries, au lieu dit La Ronflette, à côté de la ferme familiale reprise par son fils, le chantier entamé en avril 2010 se poursuit sur une pâture. Par bioclimatique, il faut comprendre une maison qui tire le meilleur parti du soleil, des matériaux naturels et de certaines techniques assurant confort et isolation. Et ce, pour le plus grand bien de ses occupants. «Au début en 2007, explique-t-il, avec mon épouse, on pensait privilégier le bois. Finalement, on s’est orientés vers la paille, en gardant le bois pour l’ossature.»

En l’écoutant raconter son aventure, on devine qu’il n’est pas facile de trouver localement des professionnels ou architectes qui s’y connaissent. Il précise toutefois qu’un «Forum restaure» −organisé à Landrecies par le Parc naturel régional −lui a apporté de premiers bons contacts. «Les techniques sont connues, font appel aux matériaux naturels et locaux, mais sont hélas peu utilisées», constate-t-il.

Chantier motivant. Le coût de sa future maison, il l’évalue à environ 200 000 euros, pour 100 m2 au sol et 170 m2 habitables. Même s’il y a une part d’autoconstruction, de travail personnel et de chantier participatif, il a pu trouver des entreprises à même de répondre à ses attentes et faire la démonstration que «c’est possible».

Il reconnaît que ce chantier est motivant et qu’il prolonge un «cheminement personnel». «Je suis fils d’agriculteur et j’ai commencé en conventionnel. J’ai voulu sortir de la logique de l’agro-business et de l’insatisfaction permanente, alors je suis passé en bio depuis 1995, en GAEC lait et œufs.»

Matériaux naturels. Quelques exemples concrets de matériaux et techniques. Le mur côté nord est à base de ballots de paille ; les autres murs, côté pièces à vivre, sont en terre paille. A l’étage, de la paille compressée en panneau, doublée de laine de bois, a été utilisée avec, à l’extérieur, un bardage en douglas. Les fondations font appel à de la pierre volcanique se présentant sous la forme de «parpaings» collés. Le carrelage a été réalisé sur une chape de chaux. «Des roseaux tressés assemblés, compatibles avec la chaux, ont remplacé la ferraille. La chape est ceinturée d’une semelle de liège sur laquelle reposent les murs.» La chaleur intérieure est assurée par un mur «Trombe» (du nom de l’inventeur) − un mur en terre crue tourné vers le sud −, et par un poêle de masse à bois, entouré de terre crue et complètement intégré à la maison.

Fin mai, il étudiait le principe d’une citerne à l’eau de pluie filtrée pour les WC et la lessive, et il envisageait (sous la surveillance de l’opérateur local de l’eau) un système de fosses biologiques pour son assainissement non collectif.