Appels d’offres lancés pour les entreprises et les constructeurs

La centrale thermique de Bouchain entre en chantier !

Publié dans l'édition Nord N. 8578 par

Méthodiquement, la centrale électrique de Bouchain à cycle combiné gaz progresse pour 2015 alors que le sort de l’ancienne au charbon était scellé. EDF et GE General Electric Energy préparent l’avenir du thermique à flamme en France via une usine hissée au plus haut niveau européen.

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D.R.

La turbine est en cours de fabrication à Belfort, elle sera livrée à Bouchain mi 2014 pour essais.

400 M€ pour assurer 30 ans d’activité, un chantier de trois ans pour 300 compagnons et techniciens, une collaboration EDF-GE Energy, Région Nord-Pas-de-Calais, CAPH, CCI Grand-Hainaut… et une turbine GEE fabriquée à Belfort qui arrivera en Ostrevant avant le 1er octobre 2015 pour le lancement de cette unité ultra-performante. EDF avait déjà, depuis 2007, engagé un vaste programme de modernisation du thermique avec 900 M€ investis, créé trois centres CCG, une turbine à combustion de 1 100 MW et conclu un partenariat avec GEE sur Bouchain. Ce site de 130 ha proche de Denain était propice à une relance d’activité : proximité des réseaux gaz-électricité, présence d’aéroréfrigérant en circuit fermé, site déjà exploité pérennisé, volonté politique d’accompagnement.

Un procédé performant. Le cycle combiné de nouvelle génération au gaz produira 510 MW. Le procédé est reconnu de GEE. Il présente de nombreux avantages : pointes de consommation assurées, régularité des variations de production par toutes températures, suppléance aux aléas des autres types de production. En 2011, il a produit 11,8 TWh. Mais les règles sur l’environnement s’imposent en supplément de réelles performances du process : capacité importante de 510 MW pour 600 000 foyers, rendement supérieur à 60%, flexibilité et puissance maximum obtenue en 30 min, faible émission de gaz polluants (oxyde d’azote inférieur à 50 mg/Nm3, CO de 30 mg/Nm3 et très peu de poussières. Seul inconvénient : le prix du gaz est indexé sur celui du pétrole…

Ouverture en 2015. Le Conseil régional  et la CA Porte du Hainaut y voient l’assurance de deux ans d’emplois directs, de marchés divers pour les entreprises tant les lots sont nombreux et d’un marché aux normes européennes. Sans oublier le maintien dans le Sud-Denaisis d’une activité hautement industrielle et innovante dans l’énergie propre. Concrètement, le vieux bâtiment central sera déconstruit et la tour aéroréfrigérante de 125 mètres, réutilisée ; l’évacuation de l’énergie se fera par ligne dédiée de 400 KV entrée, la pollution atmosphérique sera abaissée, l’eau utilisée réduite sans affecter la production. Et il y aura la création d’une unité de concentration des boues avec valorisation hors site.

Le calendrier est respecté. Il a démarré en mars 2012 par la préparation du site, le génie civil sera attaqué en 2013 après les appels d’offres en cours depuis juin, jusqu’en juin 2014. Le montage électromagnétique se fera de décembre 2013 à mi-2015 et le 1er octobre 2015, après essais d’octobre 2014 à octobre 2015, ce sera l’ouverture du site et le début de la production. 

Nota. Un projet identique a été abandonné à Hornaing par le groupe E.On. D’autres réalisations à Pont-sur-Sambre, Toul, dans l’Oise et en Bretagne sont suspendues à la prochaine loi sur la diversification énergétique et la publication prochaine du PPI 2014. La programmation pluriannuelle des investissements en électricité prévoyait en 2009 la construction de 12 centrales d’ici 2012.