Fabrication de batteries novatrices nickel-zinc

La SCPS s’installerait à Beuvry-la-Forêt…

Publié dans l'édition Nord N. 8578 par

Tout le monde semble d’accord depuis deux mois : élus locaux, Région, et même Force Ouvrière qui, depuis Aulnay-sous-Bois, tenait déjà pour certaine l’installation en février 2013 d’un bâtiment de 5 à 10 000 m2 à Beuvry-la-Forêt, près d’Orchies.

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On songe au marché de la voiture électrique...

La direction de ce laboratoire (privé) de recherche scientifique − Jacques et Denis Doniat puis Roger Rouget − confirme ses intentions : d’ici fin 2014, les travaux pourraient démarrer et jusqu’à 200 emplois d’ici 2018 (40 dans un premier temps pendant deux ans environ) pourraient y être créés. Les actionnaires de la SCPS ont déjà abondé 30 M€ depuis les 18 ans que dure une recherche extrêmement complexe mais dont la direction du laboratoire  prétend être venue à bout. Récemment il a fallu encore investir 15 M€ et, dans les récentes discussions avec les élus nordistes, il a été question d’une aide financière supplémentaire modérée pour démarrer l’exploitation du site. Pour l’instant, on attend l’heureux événement mais la parole reste en définitive aux actionnaires parisiens, si tant est que les élus régionaux aient définitivement donné leur feu vert.

Historiquement, la Société de conseil et de prospective scientifique (SCPS) s’acharne à créer une pile associant deux frères ennemis, le nickel et le zinc. Or, très récemment, Roger Pouget, son directeur, déclare à un confrère parisien : «Nous passons à de véritables préséries de batteries industrielles. (…) Notre capacité de production est de 5 000 kWh/an, on cherche un transfert de technologie !» Où et avec qui ? Beuvry-la-Forêt semble-t-il, et avec la bénédiction bien sûr de l’intercommunalité Cœur de Pévèle. Mais les élus examinent aussi de leur côté la solidité du projet. Les discussions ne durent-elles pas en catimini depuis 21 mois ?

Des avantages. Le produit bénéficierait d’avantages certains sur  un plan purement scientifique. L’énergie massique de cette batterie serait de 80 Wh/kg, le lithium faisant 150 (le top) et le plomb (le plus bas) 30. Si cette batterie était effectivement en production industrielle intensive, elle ferait 1 kW, soit comme une batterie de voiture de tourisme, et coûterait 200 €, soit deux fois plus cher qu’actuellement mais quasiment sans aucune pollution dégagée. Jusqu’à présent les faveurs allaient à la batterie au lithium qui n’est pourtant pas la panacée. La batterie de SCPS, elle, aurait résolu techniquement les deux inconvénients de l’alliance nickel-zinc, une durée de vie très courte et une fragilité hélas proportionnelle au nombre de rechargements.

Beuvry : un emplacement idéal. Le marché aurait été testé. On est dans des applications industrielles stationnaires avec stockage d’énergie renouvelable et alimentation de sécurité. On vise le fabricant de chariots élévateurs ou véhicules de mines. Bref, l’industrie et l’automobile. Il y aurait une demande européenne, mais majoritairement hors de France… On comprendrait alors mieux le choix géographique de Beuvry, à 1 km de l’autoroute A23, à 25 minutes de Tournai. Bref, dans un hub routier par lequel transitent les flux routiers pour le Benelux, l’Allemagne, l’Europe centrale et nordique. Et avec du foncier à perte de vue, car on est là dans la vaste zone des Houssières.