De passage dans notre région

Pierre Durand rencontre les chefs d’entreprise

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8579 par

A l’occasion de la sortie du film Jappeloup, Pierre Durand a évoqué sa carrière sportive et la relation fusionnelle avec son petit cheval noir. L’actuel président de l’INSEP a séduit un très nombreux public.

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Un Bordelais aux attaches nordistes. Pierre Durand aime le Nord et plus précisément Le Touquet où il a connu son épouse, Nadia Dewilder. Il a conservé dans notre région des amitiés fidèles : Hugues Persyn, Gwendoline Hibon, Francis Luyce… C’est au retour d’un stage à Bruxelles, où réside sa fille, qu’il a honoré leur invitation pour un dîner-débat, à l’initiative du Lions Club local et de Saint-Omer challenge. 

En 1988, à Séoul : à l’avant-dernier obstacle, la monture de l’Allemand Karsten Huck accroche la barre… Pierre Durand est champion olympique de saut d’obstacles ! Deux ans plus tard, il remporte une nouvelle médaille d’or par équipe au championnat du monde de Stockholm, toujours sur Jappeloup de Luze. La France entière connaît «ce couple atypique» (sic), ce centaure composé de deux caractères bien trempés.

Presque ministre… A 35 ans, il a atteint ses objectifs sportifs alors qu’il assumait, de concert, la lourde et austère charge de syndic liquidateur. Le temps est venu pour la reconversion. Il est représentant sportif d’une importante firme américaine. De 1993 à 1998, il est président de la Fédération française d’équitation. En 2007, son nom est cité comme possible ministre des Sports en cas de succès de Nicolas Sarkozy. Bernard Porte lui est préféré.

Compensation ? Un an plus tard, il devient président du conseil d’administration de l’INSEP (Institut national des sports et de l’expertise des performances). Actuellement, il parcourt le monde francophone pour animer des stages ou intervenir lors de conférences débats.

 Un fin lettré plein d’humour. Son discours fourmille d’anecdotes et de citations. «En tant que président de l’Insep, j’ai connu six ministres en cinq ans ! Mmes Rama Yade, Roselyne Bachelot, Chantal Jouanno et Valérie Fourneyron et MM. Bernard Laporte et David Douillet. Voyez-vous, je ne regrette pas de ne pas avoir été ministre !»

«Juste avant que je n’attaque la seconde manche, à Séoul, un admirateur américain me donne un lucky dollar que je glisse dans ma poche… et j’ai gagné ! Aux Jeux de Pékin, je le donne à Rodrigo, le fils de mon ami Nelson Pessoa. Il va terminer 3e quand le cheval américain se blesse. Rodrigo ne sera donc que médaille d’argent, mais six mois plus tard le cheval de l’Irlandais Sean O’Connor est déclassé pour dopage. Le lucky dollar avait fait son travail !»

De son ami Maurice Druon, à propos de Jappeloup : «Ce cheval était, pour toi, un accident prédestiné.»

De René Char, ces vers qui seront l’antienne du cavalier bordelais : «Impose ta chance, serre ton bonheur, va vers ton risque. A te regarder, ils s’habitueront.» (Rougeur des Matinaux).

ML

Pierre Durand entouré de Karine Baillet (ex-championne du monde de raid) et Francis Luyce, sélectionné olympique 1964 et 1968.