A Calais, le point sur le dossier Calaire

Calaire continue-t-elle ?

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8595 par

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CAPResse 2013

En redressement judiciaire depuis le printemps dernier, Calaire emploie près de 200 personnes dans le Calaisis.

Nouvel épisode pour les 191 salariés de Calaire chimie à Calais : le tribunal de commerce de Boulogne-sur-Mer a donné une seconde bouffée d’oxygène aux partisans d’une SCOP, alors que la veille de l’audience intermédiaire, Axyntis, confrère de Calaire, déposait une seconde offre améliorée. Des grandes manœuvres dans le droit-fil d’une histoire à tiroirs : la vente l’an dernier à l’Allemand ICIG par Tessenderlo n’avait pas déclenché de remarques de la part de l’Etat pourtant actionnaire. Quelques mois plus tard, la situation de la trésorerie était exsangue, les clients promis par le vendeur n’étaient pas au rendez-vous mais on apprenait que l’Etat avait fort bien vendu ses parts…

SeaFrance bis Le tribunal a accordé dix jours pour régler l’urgence de la situation : apporter des fonds au fonctionnement de l’entreprise pendant quelques semaines (ou quelques mois) et préparer la transition du site. «Oui, la Scop est possible avec 110 personnes travaillant en 5 x 8. Le besoin de financement est de 7 millions d’euros», a affirmé Me Philippe Brun, avocat du comité d’entreprise. Il faut un gros million par mois pour faire tourner l’entreprise ; 6 millions ont été partiellement débloqués par les deux derniers propriétaires (Tessenderlo et ICIG). Mais 2,4 millions manquent encore. Le dossier Calaire prend le même chemin que celui de SeaFrance deux ans plus tôt : un redressement judiciaire qui dure, des propositions de reprise par des concurrents (dont certaines farfelues), une enchère qui monte au fil des délais octroyés par le tribunal de commerce, la volonté de créer une SCOP, aiguillonnée par Philippe Brun (l’avocat des ex-SeaFrance)… Et des collectivités qui promettent d’aider au financement : Natacha Bouchart, sénatrice-maire de Calais, a déclaré être prête à financer à hauteur d’un million d’euros le projet… comme elle s’y était engagée auprès des salariés de SeaFrance qui n’ont rien vu venir. Les scopiens cherchent une autre porte de sortie via des discussions avec l’entreprise M2I, tout en travaillant sur le scénario SCOP grâce à une étude financée par la communauté d’agglomération du Calaisis pour 35 000 euros. Le temps presse. Patrick Salingue, secrétaire du comité d’entreprise, a réaffirmé : «Cette usine est à nous. Nous croyons en son avenir.»