Visite ministérielle dans le bassin minier

Des inquiétudes partagées…

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8593 par

En visite à Lens, le ministre délégué à la Ville Pascal Lamy est venu rappeler le soutien de l’Etat à une zone en grande difficulté sociale, via notamment une aide exceptionnelle, et prendre la température à six mois des élections municipales.

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CAPresse 2013

Pascal Lamy, ministre délégué à la Ville, en visite à Lens le 26 septembre dernier.

 

Marquer le soutien. Pour l’instant, ce ne sont que des intentions d’ANRU. La ville de Lens a peut-être été prise de scrupule en utilisant ce vocabulaire : «dossier d’intention portée par la Ville de Lens et les bailleurs sociaux Maisons et Cité Soginorpa et Sia habitat»… Aux prises avec des contraintes budgétaires impératives, le gouvernement de Jean-Marc Ayrault ne fait pas de promesses au bassin minier, mais a envoyé son ministre délégué en charge de la Ville, Pascal Lamy. A moins de six mois des élections municipales, sur un territoire fortement marqué par un vote d’extrême-droite, il s’agissait de cerner l’ambiance générale et de faire acte de présence. «Le Pas-de-Calais bénéficie en 2013 d’une aide exceptionnelle de l’Etat», a ainsi rappelé Pascal Lamy. La politique de la ville est mobilisée à travers des enveloppes budgétaires dans lesquelles le préfet peut piocher afin de financer les projets des villes qui le demandent. Les crédits ont été augmentés de 7,5% à 6,8 millions d’euros. Plus encore, la dotation de développement urbain est passée de 2,325 millions d’euros en 2012 à 4,729 millions d’euros en 2013…

 

Distribution et pauvreté générale. Dans le Pas-de-Calais, ces DDU ne concerneront que quatre villes : Avion, Le Portel, Saint-Nicolas-lez-Arras et Calais. D’autres communes bénéficieront de la dotation de solidarité urbaine (DSU) qui sera affectée à 85 villes dans le département. Son enveloppe a elle aussi augmenté, passant de 78 à 87 millions d’euros entre 2012 et 2013. Ce n’est pas fini : le département bénéficiera de la « Garantie jeunes » dès l’an prochain et aura droit aux emplois francs dès ce mois d’octobre (Calais, Sallaumines, Bully-les-Mines, Mazingarbe, Lens, Liévin…). Enfin, le ministre a rappelé que le Pas-de-Calais était aussi concerné par le contrat de ville grâce à la communauté urbaine d’Arras et de ses 12 sites expérimentaux. La liste des dotations est longue : Avion (600 000 euros), Saint-Nicolas-lez-Arras (66 400 euros), Liévin (767 000 euros), Calais (2 454 000 euros), Le Portel (718 000 euros)… «Les indicateurs sociaux sont préoccupants ; les enjeux sont importants. Il nous faut concrétiser en termes d’emploi. Je sais que le Pas-de-Calais est inquiet», a assuré Pascal Lamy. A ses côtés durant la présentation des projets de rénovation urbaine, Sylvain Robert, maire de Lens, a lâché : «Ici la densité de population est faible mais le vote est extrémiste.» Dans ce secteur classé zone urbaine sensible (ZUS) de 24 000 logements, un tiers de la population sont des ayants droit des Mines qui ne vivent que sur ces revenus. «Cette population va disparaître et les indicateurs sociaux vont encore s’aggraver», a avancé en aparté un travailleur social.