Etude sur l’emploi et la formation

La filière santé régionale peine à recruter de bons profils

Publié dans l'édition Nord N. 8594 par

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750 entreprises pour 23 000 salariés. Un chiffre en croissance continue, boosté par l’arrivée permanente de nouvelles structures sur le site d’Eurasanté qui compte aujourd’hui 130 entreprises pour 2 600 salariés. Et pourtant, beaucoup peinent à recruter. Eurasanté, l’ILIS (Institut lillois d’ingénierie de la santé de l’université de Lille 2) et ses partenaires viennent de publier le «Contrat d’étude prospective de l’emploi et de la formation». Cette étude a un but simple : diagnostiquer les difficultés des entreprises de la filière santé régionale, mesurer l’adéquation de l’offre de formation et apporter des solutions.

 

Des points positifs mais… Bonne nouvelle : 70% des dirigeants sont engagés dans des parcours de recrutement mais ils sont tout autant à évoquer des difficultés, notamment en pharmacie-biotechnologies, biomédical, nutrition santé ou TIC. Technico-commerciaux, spécialistes techniques, profils techniques/santé (ingénieurs ayant une connaissance de la santé)…, les entreprises ont du mal à trouver de bons profils. Et pourtant, «il y a des emplois dans les industries de la santé», appuie Etienne Vervaecke, directeur général d’Eurasanté. Un tel fossé s’explique notamment par un manque d’attractivité de la région pour les nouveaux salariés entrants et par des formations insuffisamment orientées vers les besoins des entreprises de santé. «Nous intensifions nos efforts pour faire connaître le Pôle Nutrition Santé Longévité : un portail emploi a été mis en place, nous allons travailler avec les TPE et PME pour les aider à créer une annonce d’emploi ou une grille d’évaluation de CV. Longtemps nous avons ciblé nos efforts pour faire connaître Eurasanté à l’étranger mais il faut cibler plus près», poursuit-il.

 

Garder les ressources. Quant aux étudiants formés en région, beaucoup d’entre eux sont recrutés par des grands groupes internationaux. Un triste constat que déplore le professeur Alain Durocher, directeur de l’ILIS : «Beaucoup quittent le Nord-Pas-de-Calais alors qu’il y a un gisement d’emploi ici. Il y a une méconnaissance des dispositifs de formation. On assimile la santé aux médecins mais ce n’est pas que ça ! Il y a tout un ensemble de métiers non médicaux nécessaires à la prise en charge des patients.» C’est à ce type de métiers que forme l’ILIS, créé il y a plus de 20 ans : attaché de recherche clinique, assistant qualité, technicien biomédical, etc., les débouchés sont nombreux et accessibles juste après le bac. L’Institut rassemble toutes les compétences propres à Lille 2 : droit, langues, marketing, mais aussi physiologie, santé… Chaque année, 1 400 étudiants (800 en formation initiale, 600 en formation continue) ressortent diplômés ; 70% des étudiants trouvent un job à la sortie de l’ILIS, 93% un an après. «Notre but est de favoriser l’emploi au bénéfice de nos étudiants et de notre région», poursuit le directeur. L’ILIS devrait agrandir sa surface pour la rentrée 2017, témoin que la formation est primordiale pour développer l’emploi en région.

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