A Dunkerque, le rapport d’enquête sur la «grande salle»

Pas d’adhésion pour l’Arena

Publié dans l'édition Nord N. 8592 par

Le Noort Gracht formera-t-il le site qui reliera les sphères est et ouest du Dunkerquois ? Initialement inscrit comme un endroit propre à un «intérêt national», l’ensemble foncier semble idoine, au carrefour du nœud autoroutier. Mais la ferveur n’y est pas.

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CAPresse 2013

Michel Delebarre, sénateur-maire de Dunkerque.

 

 

28 626 m², 10 700 places et près de 180 millions d’euros : c’est le plus grand projet urbain et commercial depuis des décennies sur la Côte d’Opale. Face aux initiatives des autres territoires de la Côte (Audomarois et Calais notamment), le Dunkerquois s’est lancé dans le projet de réalisation d’une «grande salle» et d’un pôle commercial intégré. Le rapport de la commission d’enquête du 29 août dernier (qui suivait l’enquête publique qui s’est étalée au début de l’été, entre le 17 juin et le 17 juillet) ne porte que sur le projet de cette grande salle . Sur les anciens terrains du Port autonome de Dunkerque (PAD), la communauté urbaine de Dunkerque (CUD), propriétaire des lieux, et ses partenaires privés veulent construire le plus grand équipement de loisirs et de spectacles de la Côte d’Opale. Du beau, du très grand, du clinquant pour la première agglomération du littoral régional. Le Basket Club Maritime quittera Gravelines pour jouer devant plus de monde ; des spectacles, des forums et d’autres manifestations d’ampleur devraient générer une activité suffisante pour couvrir des charges importantes. Le PPP prévoit un remboursement sur 27 années (6,6 millions d’euros annuels), pour 75 millions d’euros de travaux assumés par la CUD. En tout, 175 millions d’euros… De quoi cesser d’investir sur d’autres chantiers pour la CUD ?

Un projet régional qui ne convainc pas. L’ambition du projet dépasse clairement le cadre littoral. Les cinq intercommunalités de Flandres ont été associées : les documents relatifs à l’enquête publique étaient dans les mairies de ces intercommunalités. Le 11 juin, une visite du site était organisée par Dominique Deprez, chef du projet à la CUD. La réunion publique de Petite-Synthe a eu du succès (500 à 600 personnes) et un débat «franc» a vu se dégager une majorité de personnes hostiles au projet. Soit «plus de trois heures de polémiques et d’explications, une trentaine d’interventions….», écrit pudiquement Michel Gilmet, commissaire-enquêteur et ancien président de la CCI de Dunkerque. Dans le Dunkerquois, c’est le dossier qui fait débat et qui continuera de le faire jusqu’au second tour des élections municipales, au printemps prochain. Outre les acteurs publics, la population s’est emparée du sujet et veut des réponses sur son dimensionnement, son coût, son financement, son exploitation, son environnement, son implantation, sa sécurité, ses transports, ses emplois, sa forme juridique (pertinence du Partenariat public/privé). Ainsi, 73 notes écrites, 50 courriers, une pétition signée par 981 personnes ont alourdi le dossier de Michel Gilmet. «L’analyse des remarques fait ressortir que les pro-Arena appartiennent pour la plupart au milieu sportif et que la grande majorité des avis défavorables est clairement motivée et argumentée par leurs rédacteurs aux motifs évoqués précédemment.» Si le président de la CUD a trouvé un partenaire privé pour une ambition conséquente, il n’a pas encore convaincu le territoire du bien-fondé de ce projet. La Région apporterait entre 17 et 35 millions d’euros ; le Centre national du développement sportif, 6. Le commissaire-enquêteur a donné un avis favorable au projet.