Son rythme de prêts faiblit

Val initiatives toujours à l’affût des bons dossiers

Publié dans l'édition Nord N. 8598 par

Avec 25 ans de prêts d’honneur aux projets de moins de trois ans, l’association Val initiatives traverse la crise cahin-caha. Pourtant l’air du temps, qui exige de densifier ses fonds propres avant de solliciter un prêt bancaire, devrait l’aider vu l’afflux de jeunes candidats entrepreneurs dans le Hainaut.

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Patrick Machu, vice-président, et Jean-Paul Cochez, président, ont fait le point à la ruche du Hainaut (Denain) et, malgré la crise, ils sont de plus en plus sollicités. Ce qui ne signifie pas que les dossiers sont tous validés, loin de là d’ailleurs. La chute est brutale tout de même : 85 dossiers acceptés en 2011 (770 000 €) − certes, une année record −, puis 30% de moins avec 55 projets acceptés en 2012. Soit 430 000 euros versés à l’entrepreneur selon le sacro-saint principe respecté depuis 1987 (création de VI) : aider le repreneur ou le créateur pas plus tard que trois ans après le démarrage, mais aussi le développeur qui a d’abord besoin d’un levier «fonds propres» pour demander un prêt aux banques.

 

Quelques chiffres. Depuis 1987, plus de 800 prêts octroyés, presque 7 M€, 3 200 emplois, environ 150 M€ investis dans le Hainaut. Les prêts oscillent entre 2 et 30 000€ remboursables en 36 mois, le différé étant de 12 mois au plus. Seul engagement du bénéficiaire : rembourser le prêt à 0% et adhérer à VI. Pour l’instant, six projets sont engagés.

Du côté des ressources, si le prêt d’honneur a été rétabli en 1995, 13 ans après l’association ne pouvait plus compter sur ses bailleurs de fonds : le conseil général du Nord, la CCI , le Conseil régional et la Caisse des dépôts. Il faut donc disposer de fonds propres mais Val initiatives s’est restructurée en se rapprochant de partenaires tels que la Ruche, la CMA, des entrepreneurs adhérents qui ont réussi comme MM. Chevalier (dans la métallurgie) ou Renard (constructeur automobile bien connu). Le panel de partenaires est de 19 aujourd’hui. L’effet de levier est de 10 M€ alors qu’en 2012, les remboursements ont représenté 390 000€ tandis que les dépenses se chiffraient à 430 000€.

 

La qualité avant tout. L’association est donc en quasi-autofinancement et, finalement, l’ambiance reste bonne malgré la crise. «On est contents de la dynamique, beaucoup de jeunes montent des dossiers, il y a de la convivialité grâce aux réseaux qui nous entourent, Nord Entreprendre notamment, expliquent les deux dirigeants. On n’a jamais renoncé à notre éthique mais, oui, on pourrait faire plus, par exemple dans la transmission, dans le montage de holdings, l’accompagnement jusqu’à la cinquième année d’existence. Finalement, le nombre de dossiers est une chose, mais leur qualité une autre, plus importante ! On refuse quand même un dossier sur six.»

De fait, beaucoup de projets sont déjà passés par le filtre de partenaires, comme par exemple la BGE, mais «il faut toujours peaufiner les dossiers, nous sommes assez exigeants avec deux comités d’agrément par mois en moyenne. Le taux de représentation de dossiers est de deux voire trois tentatives…», rappellent MM. Cochez et Machu.

D.R.

MM. Machu et Cochez font face en attendant des jours meilleurs.