SCOT du Valenciennois /Aménagement commercial – II -

Francis Aldebert, un discours fort, un discours clair !

Publié dans l'édition Nord N. 8608 par

«Le DAC est très différent d’une zone à l’autre, note le président de la CCI Grand-Hainaut. Si les critères environnementaux sont majoritaires, et nous sommes d’accord, il y a incohérence entre eux et beaucoup de dispositions commerciales.» Dès lors, il met les politiques sous pression…

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

Dans  un premier article, la CCI GH présentait ses propositions d’aménagement commercial dans le cadre du SCOT et du DAC (document d’aménagement commercial) sur le Valenciennois. Surtout pour les ZACOM (zones d’aménagement commercial), la CCI souhaite des suppressions de projets selon les endroits, bref  des aménagements à condition de participer aux discussions…

Le commerce traditionnel en danger. Francis Aldebert exprime le fond de sa pensée sans détours : «Il y a assez de grandes surfaces chez nous, mais l’investisseur fait ce qu’il veut si le politique le lui permet. Ne faisons pas le supermarché de trop ! Ne déséquilibrons pas des centres commerciaux comme au Quesnoy et à Bavay. J’ai peur que les politiques soient dans les promesses liées à des voisinages. Tout ça est artificiel, bien peu économique et pas très raisonnable.»

Remarquant  qu’il n’est pas sain que dans la ville-centre, Agglo et CCI aient des avis opposés, il poursuit : «L’équipement de la maison est pour nous prioritaire et IKEA relance des implantations, il faudrait quand même qu’on s’aligne sur la même position là-dessus… Le Belge ne va qu’à la frontière, pas dans l’hinterland. En 2008, on en était globalement à 65 000 actes d’achat, aujourd’hui à 150 000. Les hypers perdent de l’argent en France et en gagnent à l’étranger. Et on tue les commerces traditionnels quand on multiplie les galeries commerciales dans les hypers… Si on continue, on va tuer le concept commercial créé place d’Armes à Valenciennes.»

«Mais il y a aussi massification de la clientèle, note-t-il. Maubeuge a ses petits commerces, ça n’empêche pas d’aller aussi sur la ZC de Louvroil. Les choix politiques n’en tiennent pas compte, les orientations ne sont pas bonnes.»

Eviter la multiplicité des interlocuteurs. Là semble résider le gros problème pour lui. «Le risque c’est la friche ! Il faut trois fois plus d’argent pour aménager une friche qu’avant. Cela prend dix ans d’aménager et de vendre du foncier. Quel intérêt pour le politique de 2013 qui n’a en point de mire que la prochaine élection ? Et puis il y a les coûts de la dépollution des terrains. L’investisseur demande donc des terres vierges de toute activité…La qualité du terrain c’est ça : plutôt que 40 ha en plus, mettons en 80 et supprimons les 30 qui n’ont pas de desserte routière.» Et d’affirmer : «On est dans du saupoudrage inefficace et le copinage. Qu’on prenne garde : si Toyota bis arrive ici dans trois ans, il faudra aller voir le préfet pour qu’il modifie le SCOT. La CCI a été entendue dans un passé récent sur le logement et les zones d’activité. On reconnaît donc son expertise. Alors, allons au bout et engageons-nous tous ensemble dans les faits, juste les faits. Car tout ce que l’on ne met pas sur les bons rails aujourd’hui, il faudra un jour le bouger.»

Et pour terminer sur une note optimiste tout de même : «La chance du Valenciennois, c’est ses deux Agglos1. Les arbitrages sont plus faciles, il n’y a pas d’éparpillement. Or le SCOT n’aime pas la multiplicité des interlocuteurs !» 

1. Valenciennes Métropole et La Porte du Hainaut.

 

D.R.

Le petit commerce de centre-ville à protéger dans le SCOT et le DAC, est au cœur d’un débat animé dans le Valenciennois…