A Calais, Doriane Bossut "invente" son emploi

La médiation se professionnalise

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8607 par

Votre enfant décroche à l’école ? Vous êtes en conflit avec votre voisin ? la structure que vous dirigez a besoin d’un nouveau départ ? Pas de souci : faites appel à un médiateur professionnel !

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Hervé MorcretteDoriane Bossut.

Doriane Bossut possède une expérience du métier d’enseignant qu’elle a exercé comme conseiller principal d’éducation. Disponible à l’issue d’un licenciement économique d’une institution privée, elle réfléchit à son avenir lorsqu’elle a connaissance d’une situation particulière : une maman se retrouve sans réponse des institutions en place face à la conduite difficile de sa fille. Et pourquoi ne pas se lancer dans la médiation ?

Pas démissionnaires : démunis. Conflit parents/enfant(s) ? Les grands-parents, un oncle, une marraine, un ami proche de la famille : on n’a jamais manqué de bonnes volontés pour tenter de jouer les démineurs. Comme pour d’autres emplois familiaux, la médiation se professionnalise et offre des opportunités à ceux qui se lancent dans cette activité neuve. Conflit parents/enfant(s) ? C’est la première piste de chalandise de la médiation. Le décrochage scolaire, le passage de l’adolescence, la séparation des parents sont souvent des étapes douloureuses. Le médiateur professionnel aide les parents à reprendre la main. Lesquels, selon Mme Bossut, le plus souvent « ne sont pas démissionnaires mais démunis« .

D’autres champs d’application. Si les problèmes soulevés par les enfants sont en première ligne, les autres champs d’application des talents des médiateurs ne manquent pas. La vie personnelle offre ainsi : conflit conjugal, difficultés avec le voisinage, incompréhension avec un propriétaire ou un locataire, etc. La vie professionnelle ne lui cède en rien. Au-delà de ces interventions qui concernent des particuliers, le métier de médiateur peut aussi s’exercer auprès d’établissements scolaires, de municipalités, d’associations ou d’entreprises. Il s’agit là pour ces professionnels de dispenser des formations au personnel de ces structures : cela va des chargés d’accueil et d’animation des centres sociaux aux chauffeurs de bus des ramassages scolaires confrontés à des passagers parfois turbulents… Et, même contestée, la réforme des rythmes scolaires ouvre à la profession − Mme Bossut − n’en fait pas mystère, quelques beaux horizons.

Passée par la couveuse. Pour valider son projet, Doriane Bossut a passé plusieurs mois dans l’antenne calaisienne de la couveuse d’entreprises du Littoral. Essai concluant. Sortie de la couveuse en fin 2012, l’entreprise E = MC3 existe depuis le 1er janvier dernier. Une formule algébrique, connue sous une forme légèrement différente, qui signifie « éducation-médiation-collaboration-coaching- conseil ». « J’ai trouvé ce nom en pleine nuit et mon premier mouvement a été de me lever pour le noter. Mais je me suis dit que s’il était vraiment bon, je m’en souviendrais encore le matin. Sinon il faudrait en trouver un autre« , raconte avec délices Mme Bossut, qui tire aussi une fierté d’appartenir à Via médiation, un réseau de médiation professionnelle dont l’existence prouve que ce métier neuf s’organise.