La métropole lilloise n’est pas tout

La région présente de nombreux atouts

Publié dans l'édition Nord N. 8608 par

Le marché de l’immobilier d’entreprise, ce n’est pas que la Métropole même si elle en pèse quelque 90%… Entretien avec Patrick Duez, directeur de l’agence CRBE de Lille.

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D.R.

Patrick Duez.

 

 

La Gazette. Quelle est votre appréciation sur le marché des bureaux à l’échelon régional ?

Patrick Duez. Autant le marché de bureaux de la Métropole est un marché qui se démarque à lui seul, autant, sur les autres agglomérations régionales, ce marché est plus difficilement palpable, opportuniste qu’il est avec des lancements qui peuvent avoir le mérite de relancer une demande, mais pas suffisamment pour dresser une tendance réelle sur une année. Pour autant, ce n’est pas qu’il faille s’en désintéresser.

Si la Métropole compte des zones géographiques dédiées à des marchés spécifiques, comme Euralille, les pôles d’excellence, les Grands-Boulevards, ces agglomérations se caractérisent en général par un marché de centre-ville avec le plus souvent de l’offre ancienne, souvent des maisons de maître rénovées, de la seconde main et quelques opérations tertiaires lancées par des acteurs locaux, et parfois, pour les plus dynamiques, par des opérations en périphérie.

A l’inverse de la Métropole qui est un marché mixte porté par les PME et, comme elle en a la chance cette année, par de plus importantes transactions, les autres agglomérations de la région ne sont portées que par des TPE et PME, avec ponctuellement des comptes propres liées aux activités spécifiques de chacune, et du récurrent que sont EDF, Pôle emploi… Les promoteurs et les investisseurs en blanc n’y vont pas sauf à avoir sécurisé avec de bons baux. Sans doute le concept de zones thématiques, comme la Haute-Borne et EuraTechnologies, est-il duplicable ailleurs dans la région, mais à une taille adaptée à ces agglomérations. Après, tout est question de dynamisme local… Tout autant que le marché de la Métropole, le marché des agglomérations  régionales présente de l’intérêt. 

 

Qu’en est-il du marché des locaux d’activité et entrepôts ?

La logistique peut se décomposer en deux marchés, celui de l’activité avec du petit stockage et de l’industrie et celui du stockage dans de grands bâtiments. Historiquement, le meilleur bassin, celui où on ne prend pas de risque à louer ou à vendre un bâtiment, est celui de la Métropole, même si en logistique son secteur Nord, malgré une offre de qualité, est devenu problématique avec des prestataires qui se rapprochent de leurs clients chargeurs partis construire leurs plates-formes au sud. L’activité se caractérise par une forte demande en particulier à l’acquisition, notamment sur les secteurs de La Pilaterie et de Lesquin, mais aussi par de la seconde main parfois obsolète. Autres marchés dynamiques avec du potentiel et du terrain, le sud de Lille, jusqu’à Douai et Arras, devenu le n°1 de la logistique. Mais aussi Valenciennes et Cambrai, la rocade minière Ouest bien qu’excentréepar rapport à l’A1, et plus loin le littoral avec Calais, Boulogne, Dunkerque, avec globalement une faible demande mais une volonté de décoller. La bonne nouvelle, c’est de voir que le marché de l’immobilier d’entreprise n’a pas dévissé dans la région et s’est maintenu à de bons niveaux. Peut-elle faire mieux ? Oui : dans certaines villes en étant force de propositions.