Les derniers chiffres du Grand Port maritime de Dunkerque

2013 : résistance et stratégie

Publié dans l'édition Nord N. 8626 par

Le Grand Port maritime (GPM) a tenu sa traditionnelle conférence de presse de début d’année devant une cinquantaine de journalistes le 14 janvier dernier. Christine Cabau-Woehrel, directrice générale, a dressé un tableau complexe des activités qui prennent un tournant depuis la crise de 2008. Compte-rendu.

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Encourageant. Malgré une baisse globale de ses trafics cumulés (- 8,5%) à 43,6 millions de tonnes, les résultats de l’année 2013 laissent espérer des développements. Le port a perdu du trafic sur les vracs (- 11%) avec la fermeture de la centrale électrique d’Eon à Kingsnorth. Autres trafics en partie perdus, ceux des passagers (- 8%) et du roulier (540 000 camions et remorques) qui traversent le Détroit vers Douvres en raison de la présence de MyFerryLink qui reprend peu à peu les parts de marché laissées par SeaFrance. Conséquence : 6% de baisse, mais cela «reste conforme aux attentes», indique le GPM. Mais même sans ces deux pertes, le Grand Port maritime aurait perdu 0,4% de trafic. «On a assisté à un redressement spectaculaire en fin d’année 2013», souligne toutefois Christine Cabau-Woehler, directrice du GPM. A mettre également en exergue, la hausse des vracs liquides (+ 1% malgré la disparition du pétrole de la Raffinerie des Flandres, désormais fermée comme celle de Diester industrie), et la bonne tenue des marchandises conventionnelles (acier, sucre en sac, colis lourds…) qui font toujours de Dunkerque un port industriel de premier plan.

 Le report modal comme axe de développement. La bonne nouvelle vient principalement du trafic des conteneurs qui a progressé de 12%, passant de 260 000 à 292 000 EVP. «Notre objectif pour 2014 est de dépasser les 300 000», assure la directrice. Le nombre d’escales est ainsi passé (pour les navires à conteneurs) de 802 à 862 entre 2012 et 2013. Idem pour les céréaliers qui ont gagné une dizaine d’escales (65 en 2013). Mieux, les conteneurs pleins affichent une hausse de 13%. Les lignes se développent avec les frets vers le Maroc, la ligne lusitanienne, le service de Feeder avec un report multimodal vers la Russie, et la bonne tenue de Delmas (filiale de CMA CGM) en Afrique. L’interopérabilité modale est une des clés du développement du GMP selon ses cadres. «Il y a un marché total d’environ 800 000 EVP à exporter dans la région. Nous n’en touchons que 250 000. C’est là qu’il faut creuser», a fait valoir Christine Cabau-Woehler. Le report modal (avec Nord Port Shuttle qui a lancé deux navettes vers Dourges) devient l’un des principaux enjeux de la stratégie du GMP. Une ligne fluviale vient également de s’ouvrir vers Valenciennes, validant les potentialités régionales non encore exploitées. Autre piste intéressante pour le Port et la Ville, la croisière vers le Grand Nord mise en place par l’opérateur Costa. Enfin, l’industrie n’a pas quitté les pensées du management du port ; «heureusement, il y a les 100 millions d’euros investis par Arcelor dans la rénovation de HF2», glisse un cadre. Le GPM compte investir 53 millions d’euros en 2014 et lancer les études relatives à son projet de nouveau bassin au port Ouest.

Tableau page 21 DP du Port de Dunkerque

 

D.R.

Trafic 2013 du Grand Port Maritime.