Débat public autour du terminal méthanier

Publié dans l'édition Nord N. 8618 par

Dunkerque LNG et Dunkerque-Port étudient depuis plusieurs mois un projet de service additionnel de transbordement de gaz naturel liquéfié (GNL). Ils répondent ainsi à une sollicitation de Yamal LNG (détenue à 80% par l’opérateur gazier russe Novatech et à 20% par Total). Dans le cadre de ce projet d’extension du terminal méthanier du Clipon, faisant […]

Vous devez être connectés pour visualiser cet article

D.R.

Vue du terminal méthanier et de ses trois réservoirs.

Dunkerque LNG et Dunkerque-Port étudient depuis plusieurs mois un projet de service additionnel de transbordement de gaz naturel liquéfié (GNL). Ils répondent ainsi à une sollicitation de Yamal LNG (détenue à 80% par l’opérateur gazier russe Novatech et à 20% par Total). Dans le cadre de ce projet d’extension du terminal méthanier du Clipon, faisant passer la capacité de trois à quatre réservoirs et prévoyant une jetée supplémentaire pour l’appontement des navires, un débat public est lancé.

Pour les porteurs du projet, l’enjeu de ce service additionnel représente un investissement de 280 M€ et l’opportunité de faire de Dunkerque le carrefour du GNL. La capacité de ce nouveau service devrait être de 16 Mt, dont un volume de 8 Mt garanti par les Russes, 160 escales pour le port ainsi que des recettes sous forme de taxes pour les collectivités. Le marché n’est pourtant pas acquis, Dunkerque étant en concurrence avec plusieurs autres terminaux dont celui de Zeebrugge. En cas d’obtention du marché, les travaux devraient s’étaler sur 42 mois chevauchés avec la finalisation des travaux du terminal méthanier tel que prévu à l’origine, et engendrer 500 emplois supplémentaires. Les travaux pourraient commencer en juin 2014, pour une mise en service à mi-2017.

Les associations de défense de l’environnement dénoncent en premier lieu la réalité des chiffres en matière d’emplois locaux, puis la navigation de ces navires : «les plus dangereux au monde, à deux pas de la centrale nucléaire et de 16 sites SEVESO. Du risque toujours ajouté au risque !». Ils pointent du droit leur impossibilité à se croiser, les difficultés de manœuvre dans l’avant-port, les fuites de GNL, le creusement du tunnel allant du CNPE au terminal méthanier alors que l’ASN (l’Autorité de sûreté nucléaire) n’a toujours pas donné son accord, le peu d’accès pour les secours en cas d’incident…