Métiers de bouche

Herreng traiteur sort petit à petit la tête hors de l’eau

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 9518 par

Historiquement basée à Fleurbaix, Herreng traiteur a connu une grosse période de doute entre 2013 et 2014. Après un placement en redressement judiciaire et une réorganisation complète, l’entreprise aborde 2015 plus sereinement, un contrat pour un traiteur parisien dans la poche et la ferme intention de retrouver le sourire.

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Jean-Louis Herreng retrouve peu à peu le sourire : l’entreprise qu’il dirige devrait sortir de la période d’observation de la procédure de redressement judiciaire en mars prochain.

L’entreprise familiale existe depuis 1868 : elle a été créée par Charles Herreng, l’arrière-grand-père de Jean-Louis, l’actuel gérant de l’entreprise. «Initialement, nous avions une activité de boucherie-charcuterie, nous étions implantés en cœur de ville, sur la place de l’Eglise», présente Jean-Louis Herreng.
Petit à petit l’entreprise s’est développée et a su se créer une renommée régionale grâce au « Pâté de Fleurbaix », une recette développée par André Herreng, le père de Jean-Louis. «Il s’agissait d’une terrine à base de porc et de veau, présentée dans un pot en terre consigné. Terrine que nous vendons toujours ». A la fin des années 1960, grâce à cette terrine, l’entreprise passe de quatre à dix salariés.
Jean-Louis a grandi dans l’entreprise familiale mais ne voulait surtout pas exercer le métier de ses aïeux : «J’avais horreur de voir l’abattage des bêtes. J’ai donc fait des études d’économie, l’IEC et une capacité en droit.» Mais, au début des années 80, à la fin de son cycle universitaire, le jeune Jean-Louis vient donner un coup de main à son père. «Étudiant, j’allais me chercher des plats cuisinés sur Lille, j’ai proposé aux parents de faire la même chose», explique-t-il. Plus que sceptique, son père le laisse malgré tout faire cette expérience et, très rapidement, il se rend compte qu’il y a une demande assez forte. «Petit à petit, j’ai commencé à travailler pour des groupes, pour des mariages.»

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L’entreprise est actuellement à la recherche de partenaires, elle propose de la production à façon.

En progression. Suite à cette première expérience, les Herreng père et fils décident de réaliser d’importants investissements pour développer cette activité naissante mais prometteuse. «Nous avons commencé par développer Fleurbaix, puis nous avons fait l’acquisition d’un magasin (boucherie-charcuterie-traiteur) à Béthune, place du Beffroi», souligne-t-il. Au début des années 90, il prend également les commandes de l’entreprise et, en parallèle de son activité de traiteur, il devient organisateur de réceptions, en partenariat avec la ferme de la Motte Dorée qu’il rachètera quelques années plus tard.
En 2000, Jean-Louis Herreng ouvre son troisième magasin à Armentières. «Je me rends également compte qu’il est nécessaire de s’entourer pour pouvoir avancer sereinement.» En effet, jusqu’alors il s’occupait de la vente, la comptabilité, la communication, la gestion du personnel, etc. «Je me suis entouré d’un commercial et d’un chef d’atelier afin de pouvoir me dégager du temps pour assurer le développement de l’entreprise.» Avec une cinquantaine de salariés, les locaux historiques de Fleurbaix deviennent alors trop petits, Jean-Louis Herreng décide en 2007 d’en construire des nouveaux, plus grands, plus fonctionnels et aux dernières normes en vigueur. Un investissement conséquent de plus de 3 millions d’euros pour regrouper dans un même bâtiment de 2 200 m2 la production, la logistique et l’administratif.

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Herreng traiteur vient de passer un contrat avec un traiteur parisien pour assurer la fabrication à façon de produits l’après-midi, pour une livraison dans la nuit.

Perte de vitesse. A peine l’entreprise prend possession de ses nouveaux locaux qu’elle ressent les effets de la crise : «Alors que nous avions envisagé une progression à deux chiffres, elle ne fut que de 7% la première année. Pire, elle a chuté de 5% en 2013 !»
Alors que l’entreprise avait une trésorerie confortable, elle se retrouve en grande difficulté et est obligée de se mettre sous mandat ad hoc dès 2013. «Malgré cette décision et une réduction des effectifs de dix personnes, ainsi qu’une réorganisation complète, je suis obligé de placer l’entreprise en redressement judiciaire en mars 2014.»
Si la partie traiteur souffre de la baisse des budgets et de la crise, l’activité historique d’Herreng se porte bien et continue de progresser. D’ailleurs, l’entreprise a repris une salle de réception, ainsi qu’un restaurant, La Table des Epicuriens, anciennement le Lapin Chasseur, à la sortie de Béthune.
«Pour assurer l’avenir de notre activité traiteur, nous avons noué des partenariats avec des salles partenaires et sommes continuellement à la recherche d’entreprises qui pourraient avoir besoin de fabrication à façon.» Dans le même temps, Jean-Louis Herreng, qui croit dur comme fer à la valeur des produits régionaux, a déposé le nom «Pâté de Fleurbaix» auprès de l’INPI et de Saveur en’or afin de le vendre en grande distribution.
Enfin, alors que la période d’observation se termine en mars prochain, l’entreprise a décroché un contrat avec un traiteur parisien. «Nous allons lui transformer les produits et les lui livrer dans la nuit», conclut le chef d’entreprise.
Pour faire face à ces nouveaux challenges, Jean-Louis Herreng peut compter sur une équipe de salariés plus soudés que jamais et appliquer la recette qui a fait le succès de l’entreprise : qualité, réactivité et adaptabilité, le tout relevé d’une petite touche de notoriété et d’un soupçon de bouche à oreille…