Bilan 2013 et perspectives 2014 de la CCI de région

Impulser l’esprit « 3e révolution industrielle » aux entreprises

Publié dans l'édition Nord N. 8624 par

Sa venue avait fait assez de bruit en octobre 2013 pour que chacun se souvienne de la région imaginée et redessinée par l’économiste américain Jeremy Rifkin. Son ambition était claire : faire du Nord-Pas-de-Calais la région pilote de la troisième révolution industrielle. Maintenant, place à la pratique.

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© cirquedesprit - Fotolia.com

Pour que la « T.R.I » (troisième révolution industrielle) fonctionne, il faut donner aux entrepreneurs les moyens de s’impliquer. Cela passe notamment par le lancement de deux plates-formes de crowdfunding : la première, en partenariat avec une start-up régionale, Cowfunding. Spécialisée dans le financement par la contribution, cette plate-forme ne sera pas exclusivement dédiée à la T.R.I mais y consacrera un espace. La seconde sera lancée fin mars, sur la base du crowdfunding equity (les entreprises peuvent lancer des fonds auprès d’investisseurs particuliers en leur offrant en retour des parts du capital de la société). Autre projet envisagé par les chambres consulaires : un livret d’épargne à rémunération faible. «Certains projets entraient déjà dans le cadre de la T.R.I. D’autres ont été complètement revus pour entrer dans ce cadre. Par exemple, le projet de requalification du quartier de l’Escalette à Mouvaux ou la cité du 9 à Lens», explique Philippe Vasseur, président de la CCI de région.

 Un club dédié et des élus mobilisés. Annoncé par Philippe Vasseur à l’occasion des Jadde (Journées annuelles du développement durable), le club sera ouvert à toutes les entreprises désireuses de s’engager dans la démarche T.R.I, quels que soient leur taille et leur secteur d’activité. Mais sans être une « usine à gaz »: «la CCI s’occupera de la logistique mais on veut laisser faire les entreprises», poursuit le président. Un groupe de travail sur l’efficacité énergétique dans l’industrie, présidé par Marc Roquette, a été institué en lien avec le GFI (Groupement des fédérations industrielles). D’autres devraient suivre. Mais ce n’est pas tout… La CCI va mobiliser ses troupes : du 17 au 21 mars, salariés et élus prendront leurs bâtons de pèlerin pour aller frapper aux portes des entreprises et leur expliquer ce qu’est la T.R.I. Aux entreprises ensuite de se sentir concernées par la démarche et de s’y investir…

 Bilan 2013 : toujours un contexte difficile. «L’année a été difficile avec un niveau élevé de défaillances : 3 457 (2 500 avant la crise, ndlr). Trois secteurs concentrent deux tiers des défaillances : la construction (+5,5%), les services aux entreprises (+4,5%) et le commerce de détail (+1,2%)», déplore Philippe Vasseur. Mauvaise nouvelle aussi pour les créations : les chiffres montrent une baisse plus marquée en région qu’en France : – 5,9% contre 3,6% entre 2012 et 2013. Des chiffres toujours moroses mais, pour autant, peut-on espérer un rebond régional ? Le président n’attend que cela : «On pense que ce sera moins pire en 2014. La situation ne se dégrade plus, on observe un léger mieux du côté du moral des chefs d’entreprise.»

 Un budget de fonctionnement en baisse

Les annonces récentes du président de la République ne seront pas sans conséquences sur les organismes consulaires : «Nous avons déjà ressenti les prémices en 2013. J’ai entendu parler d’économies et de réduction des dépenses. A quelle sauce serons-nous mangés ?» s’inquiète Philippe Vasseur. Une crainte plus que fondée puisque le budget des chambres se réduit comme peau de chagrin : une baisse des ressources fiscales de 19,6%, soit un budget de 74 millions d’euros en 2013, qui passe à… 59 en 2014 ! Sur les quatre territoires régionaux – Grand-Lille, Hainaut, Côte d’Opale et Artois –, l’ensemble des budgets consolidés s’élève à 121 millions d’euros (dont 29 pour la CCI de Région). 72% du budget est affecté à l’appui aux entreprises et aux territoires, les 28% restants aux fonctions supports. Le déficit consolidé de 7,9 millions d’euros a été comblé en puisant dans les réserves. Mais jusqu’à quand ?