Logement

Les prix dans l’immobilier ancien ne décrochent pas

Publié dans l'édition Pas de Calais N. 8625 par

Dans un contexte de taux d’intérêt bas, les prix sur le marché de l’immobilier ancien n’ont pas chuté en 2013. Mais les régions connaissent des évolutions très diverses, d’après les chiffres du réseau d’agences Century 21. Et l’évolution des taux d’intérêt devrait peser lourd sur les tendances à venir en 2014. Les prix de vente […]

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Dans un contexte de taux d’intérêt bas, les prix sur le marché de l’immobilier ancien n’ont pas chuté en 2013. Mais les régions connaissent des évolutions très diverses, d’après les chiffres du réseau d’agences Century 21. Et l’évolution des taux d’intérêt devrait peser lourd sur les tendances à venir en 2014. Les prix de vente dans l’immobilier ancien à Paris ont baissé de 3,9% l’an dernier, d’après Century 21. En 2013, le mètre carré y coûte 8 190 euros. Il s’établit autour de 1 225 euros dans le Limousin, où il a connu une hausse de presque 8%. C’est un marché de l’immobilier ancien régionalement, “en peau de léopard”, qu’a présenté Century 21, réseau d’agences spécialisées dans l’immobilier, le 6 janvier à Paris. Avec un volume de transactions en croissance de 3% sur l’année dernière et quelque 850 points de vente, Century 21 revendique 8% du marché français. Globalement, au niveau national, l’an dernier, le prix moyen au mètre carré a reculé de 1,8%, après avoir baissé de 1,9%, en 2012. Il atteint 2 568 euros, un niveau proche de 2010. Pour les appartements, le montant est de 3 428 euros le mètre carré, suite à une baisse de 1,6% sur douze mois. Il s’élève à 2 026 euros pour les maisons. Ici, le repli est de 2%.
Mais les évolutions locales des prix sont très diverses. Exemple, “en 2012, il y avait encore une hausse sur Paris. La correction de cette année 2013 est liée au fait que le marché parisien n’avait pas corrigé avant”, analyse Laurent Vimont, dirigeant de Century 21. En Ile-de- France aussi les prix ont baissé : de 2,9%. C’est plus que la moyenne nationale. Quant aux Hauts-de-Seine, le département le plus cher de France, dont les prix continuaient à augmenter en 2012, il a également subi une correction (-5%, 5 346 euros). Globalement, une douzaine de régions connaissent des baisses de prix plus ou moins importantes, comme PACA (Provence-Alpes-Côte d’Azur, -3,8%), la Basse et la Haute-Normandie (respectivement, -6,4% et -5,8%), les Pays de la Loire (-7,8%), la Bretagne (-3,8%) et la Lorraine(- 1,2%). Dans le Nord- Picardie (-0,4%) et en Rhône- Alpes, les prix demeurent relativement stables. Sept régions connaissent des hausses de prix très diverses avec l’Aquitaine (+5,1%), la Bourgogne, le Limousin ou encore le Poitou-Charentes, l’Alsace et l’Auvergne.

Des achats pour habiter. Au total, sur l’année écoulée, “la baisse historique des taux d’intérêt couplée à la petite baisse des prix a permis à des gens plus sensibles au financement de passer de ‚je veux acheter’ à ‚je peux acheter’”, commente Laurent Vimont. D’après lui, le comportement des acheteurs a évolué : ils prennent le temps de réfléchir, comparent les offres… “On est passés d’un marché de frénésie à un marché de raison”, synthétise le dirigeant. Les acquéreurs ressemblent à ceux de l’année passée. Employés et ouvriers représentent 41% des transactions. Autre profil qui a profité des taux bas : la classe d’âge entre 30 et 40 ans. De fait, le réseau des agences constate que, concernant le financement, “les taux bas sont utilisés à plein par les acheteurs”, précise Laurent Vimont. Au niveau national, le financement sollicité représente 78,3% du montant de l’acquisition, contre 77% l’année précédente. La durée moyenne des crédits, elle, est passée de 22,7 à 21,5 ans. Quant au délai de vente moyen, il est de 91 jours, soit cinq jours de plus qu’en 2012.
Autre corollaire de l’évolution du marché, les acquisitions immobilières au titre de résidence principale constituent plus de 70% des transactions comptabilisées par le réseau. Celles réalisées pour effectuer un placement financier ne représentent que 16% des ventes. Ce chiffre est en recul (-7,5%), une tendance qui confirme celle de l’an dernier et que Century 21 juge “inquiétante”. Dans les Hauts-de-Seine, les achats d’investissement se sont écroulés (-22,4%). Tendance inverse – et unique – à Marseille, où les acquisitions à ce titre ont crû de 30%. Une évolution que Laurent Vimont se refuse à commenter. Les achats de résidences secondaires baissent aussi pour la deuxième année consécutive (-6,3%). “C’est un sujet de fiscalité et de confiance”, estime-t-il. Autre évolution, les transactions des retraités sont en forte baisse.

2014 et l’inconnue des taux. Pour 2014, “tout sera une histoire de taux”, juge Laurent Vimont. D’après les prévisions de Century 21, à taux d’intérêt constant, l’an prochain le marché devrait ressembler à celui de 2013, en volume et en prix, avec des corrections qui différeront selon les régions. En revanche, si les taux remontent, il pourrait y avoir deux évolutions possibles. Si les taux grimpent brusquement, sous l’impact d’une hypothétique crise mondiale, ils pourraient provoquer un effondrement du volume des ventes, en imposant une augmentation du montant de l’apport initial. Ce phénomène serait suivi d’une correction des prix, proportionnelle à la hausse des taux. Seconde hypothèse, si la remontée des taux est légère et progressive, les volumes ne devraient pas être impactés, et les prix subiraient alors une correction à la baisse d’environ 5%.