Une pharmacie du Sud-Avesnois dans le e-commerce

Avec une longueur d’avance !

Publié dans l'édition Nord N. 8642 par

La vente en ligne de médicaments sans ordonnance a été autorisée en France en 2013. A Trélon, l’officine de Marie et Denis Louvegnies s’était déjà bien développée dans ce domaine avec la parapharmacie…

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D.R.

Marie Louvegnies, pharmacienne, et son mari Denis, informaticien. Ils ont uni leurs compétences pour faire vivre et développer l’officine dans le sud de l’Avesnois.

 Une pharmacie de Trélon, dans le sud du département, a découvert, en début d’année, qu’elle avait été classée, par le magazine Que Choisir, 9e sur 30 officines pratiquant le commerce en ligne. Les feux de l’actualité se sont alors braqués sur Marie et Denis Louvegnies, respectivement pharmacienne et informaticien, tous deux originaires de Trélon ou de Glageon, la commune d’à côté.

Ce e-commerce, ils le pratiquaient dans la discrétion depuis 2010, avec la parapharmacie. Du coup, lorsque la réglementation française a évolué en 2013 − sous une pression ancienne et libérale de l’Europe −, ils avaient déjà bien expérimenté cette autre façon de vendre. L’an dernier, rappelons-le, c’est la vente sur Internet de médicaments sans ordonnance qui a été permise, sous le contrôle notamment des Agences régionales de santé et du Conseil de l’ordre. Elle s’est accompagnée d’un «guide des bonnes pratiques».

 Union des compétences. En 2010, Marie et Denis Louvegnies, qui avaient repris la pharmacie en juin 2007, ont en fait uni leurs compétences. «Le commerce en ligne de produits de parapharmacie, expliquent-ils, ça demande peu d’investissement et aucune autorisation. En revanche, toute l’équipe de salariés s’est mobilisée pour organiser la logistique, la gestion des stocks et des commandes, la promotion du site web, «Mon Coin Santé»… En quelques années, nous sommes passés de 500 à 6 000 références dans les domaines de l’hygiène, des soins et de la puériculture. Le chiffre d’affaires du site, lui, distinct de celui de la pharmacie, a doublé tous les ans. Le site a eu des incidences sur l’activité de la pharmacie car il générait davantage de choix pour notre clientèle habituelle.»

 Vente encadrée. Avec la loi de 2013, à ces produits sont venus s’ajouter 400 autres en vente libre, délivrés sans ordonnance mais réservés aux pharmacies. Ce sont les OTC (« over the counter »). On y trouve des antidouleurs, des produits d’hygiène, ce qui relève de petits maux… «Nous étions prêts. On avait la méthodologie, il n’y avait plus qu’à enrichir le catalogue», constatent-ils.

Marie Louvegnies précise que la publicité pour les médicaments étant interdite en France, leur site pratique ce que l’on appelle le «référencement naturel».

 Conforter la pharmacie. Marie et Denis Louvegnies ne cachent pas que cette orientation vers le e-commerce est un moyen nouveau de faire vivre leur pharmacie et l’entité économique qu’elle représente. Comme beaucoup d’entrepreneurs, ils doivent faire face à des remboursements d’emprunt, en l’occurrence celui qu’ils ont contracté lors de l’achat des locaux de Trélon. «Depuis trois ans, explique la pharmacienne, il faut le savoir, des pharmacies ferment. Avec la baisse des prix, l’évolution des remboursements, la montée des génériques, la baisse des prescriptions… En plus, ici, on est loin de tout. Et donc, pour rester et vivre à Trélon, il faut se diversifier et faire jouer toutes ses compétences.»

 Des projets. L’année 2014 a plutôt bien commencé. «Depuis 2010, précise son mari, nous sommes passés de cinq à douze personnes, et avec une centaine de colis par jour nous sommes les premiers clients de la poste de Trélon, menacée par la baisse de son activité. Des commandes nous viennent de l’étranger, d’expatriés ou de gens qui ne trouvent pas ce qu’ils cherchent dans leur pays.»

A la fin de l’hiver, le couple ne manquait pas de projets. Il avait lancé le doublement de la surface de vente de la pharmacie ainsi que la réorganisation intérieure de la partie e-commerce. «On a la chance d’avoir notre habitation collée à la pharmacie et, en réserve, une grange», précise Mme Louvegnies.