Artsper, site de vente en ligne d'oeuvre d'art

L’art à portée de clic

Publié dans l'édition Nord N. 8638 par

Franchir la porte d’une galerie d’art n’est pas toujours aisé pour un non-initié. Et pourtant, investir dans une oeuvre séduit de plus en plus de Français. Pour donner un coup de pouce aux férus d’art contemporain mais aussi aux amateurs, deux jeunes de la région ont imaginé Artsper, un site de vente où les galeries vous ouvrent leurs portes.

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D.R.

François-Xavier Trancart et Hugo Mulliez, nordistes mais exilés à Paris pour se rapprocher des galeries.

A l’initiative de ce site pionnier de vente d’oeuvres d’art au slogan alléchant – “L’art vous appartient” –, deux étudiants issus de l’EDHEC : Hugo Mulliez et François-Xavier Trancart, passionnés d’art mais aussi de nouvelles technologies. Un savant mélange qui offre à l’internaute la possibilité, via Artsper, de visiter 200 galeries françaises, européennes et mondiales sans bouger de chez lui. Un marché encore peu exploité alors qu’une étude montre que 68% de collectionneurs ont déjà acheté une oeuvre sur la toile et que les Etats-Unis ont déjà flairé le filon depuis 2011. “Les plates-formes d’artistes existent mais il manque un accompagnement des utilisateurs. Comment assurer la qualité des oeuvres ? Comment être sûr de bien choisir ? Le marché de l’art en ligne est naissant en France ou en Europe. Notre mission ? Eduquer à l’art contemporain. Notre conviction ? L’art sera le prochain marché du web, et le fait que plusieurs platesformes s’ouvrent renforcent cette idée”, annonce Hugo Mulliez, 26 ans, diplômé d’un master of science en corporate finance à l’EDHEC. Si le géant du Net Amazon1 s’est lancé dans ce marché en août 2013 dans l’objectif de faire du volume, Artsper mise avant tout sur l’accompagnement avec une sélection précise et en s’adressant à une clientèle de non-initiés, collectionneurs ou non. “L’accès à l’information peut être compliqué quand on ne possède pas de réseau. Tout le monde n’est pas à l’aise dans une galerie”, poursuit Hugo Mulliez. Caractéristiques de l’oeuvre, biographie de l’artiste, proposition de scénographie…, rien n’est laissé au hasard pour pouvoir apprécier l’oeuvre telle qu’elle serait exposée en galerie. “Il faut rassurer l’acheteur sur le nombre d’exemplaires ou la qualité. Nous ne sommes ni acheteurs ni vendeurs, mais plutôt entre les deux, comme un tiers de confiance ! Nous voulons avoir une majorité d’oeuvres à moins de 5 000€, car, au-delà, on a besoin de les voir.” Le catalogue est large : 2 500 oeuvres (photos, peintures, lithographies ou encore dessins) à des prix allant de 80 à 350 000€. La navigation est fluide et facilitée grâce aux onglets : “les incontournables”, “les jeunes talents”, “sélection d’experts”, etc. Régulièrement, Artsper met en avant certains thèmes. Il y a aussi une garantie sur les retours, l’oeuvre peut être retournée si elle ne plaît pas. En ligne depuis fin février 2013, le site a ouvert avec une trentaine de galeries – dont une dizaine lilloises – et en compte aujourd’hui plus de 200 ! “Les galeries avec lesquelles on travaille n’ont pas le temps d’avoir un site. On leur propose donc de l’externaliser pour qu’elles se concentrent sur le métier de base.” Même si 99% d’entre elles ont un site, il n’est pas marchand.

Sélection drastique. Réduire la distance entre amateurs d’art et oeuvres de qualité, c’est un vrai travail de fourmi : un comité (composé notamment Steve Rosenblum, fondateur de pixmania. com et collectionneur d’art, et Renaud Donnedieu de Vabres, ancien ministre de la Culture et de la Communication) sélectionne ainsi des oeuvres uniques, à la portée de tous les budgets. “Nous sélectionnons les galeries dans les foires d’art contemporain en France et en Europe. Puis c’est la galerie qui met en ligne les oeuvres et qui la livre”, détaille Hugo Mulliez. Artsper prélève une commission sur les ventes réalisées via le site et devrait proposer une formule d’abonnement dans les mois à venir.

Inciter les entreprises. Beaucoup d’entreprises ont de magnifiques bureaux mais des murs blancs… Et pourtant, exposer améliore le cadre de travail et des mesures fiscales ont été votées pour favoriser le mécénat. Le principe ne va pas encore de soi dans les entreprises mais Artper propose trois offres pour les accompagner dans leurs démarches. Les deux entrepreneurs envisagent de lancer prochainement la version anglaise du site afin de se rapprocher de galeries allemandes, anglaises ou nordiques. Ils pensent aussi à se développer dans les pays d’Europe du Sud. Rien ne semble arrêter ces esprits passionnés, passionnants et désireux de faire de l’art un domaine accessible, tout en accompagnant les galeries dans l’ère du numérique. Avec 50 000 visiteurs uniques par mois, cela s’annonce sous de bons augures.